Euthanasie: le modèle zurichois fait école

Environ un pensionnaire sur mille a fait appel à l’assistance au suicide. Keystone Archive

Contestée il y a deux ans lors de son introduction, l'autorisation de recourir au suicide assisté dans les homes de la ville n'a pas provoqué une vague de demandes.

Ce contenu a été publié le 05 mars 2003 - 20:44

La ville se félicite même de voir son modèle faire école ailleurs dans le pays.

Robert Neukomm, le conseiller municipal en charge de la santé, avait un ton quelque peu ironique pour présenter le bilan des deux premières années du nouveau règlement autorisant l'euthanasie dans les homes pour personnes âgées de la ville.

«Nous sommes obligés de faire un rapport cette année, de même qu'en 2005 et en 2007, et nous le ferons, malgré la minceur des chiffres», a relevé le socialiste.

Le bilan, assorti d'un rapport, avait en effet été rendu obligatoire par le postulat de deux députées municipales, socialistes elles aussi, adopté juste après l'entrée en vigueur du nouveau règlement le 1er janvier 2001.

Elévation du nombre de morts

Ce bilan se résume par le chiffre huit: cinq femmes et trois hommes, entre 72 et 94 ans, ont mis fin à leurs jours en se faisant aider par Exit ou Dignitas dans les 10 EMS et les 26 homes non médicalisés de la ville en 2001 et en 2002, soit un peu plus de un pour mille pensionnaires.

En tenant compte de cinq morts volontaires «violentes», c'est-à-dire sans assistance, le taux de suicide s'est élevé à 0,65% des décès dans les homes municipaux.

«Il se trouve que c'est quasiment le même que le taux de suicide chez les plus de 65 ans dans la population suisse, qui est de 0,64%», a encore relevé Robert Neukomm.

Garde-fous incontournables

Pendant deux ans, aucune demande n'a été refusée et des expertises externes ont conclu dans deux cas que la personne était apte à décider.

C'est l'un des critères imposés par la ville: la personne désireuse d'en finir doit être capable de discernement, ne pas subir la pression d'un tiers, ni être malade psychiquement ou suite à un traitement inapproprié. Elle ne doit pas non plus avoir un logement hors du home.

Avant 2001, la ville enregistrait environ trois suicides par an dans ses EMS. Un à deux cas de personnes obligées de quitter le home pour recourir à Exit ou à Dignitas étaient reconnus chaque année.

Discussions romandes

Robert Neukomm n'a d'ailleurs pas voulu nommer ces associations, «pour ne pas leur faire de la publicité. Mais tout le monde les connaît.» Sans avoir de statistiques, la ville estime qu'une proportion relativement élevée de pensionnaires des homes sont membres d'Exit ou de Dignitas.

Le conseiller municipal en charge de la santé s'est félicité que la levée de l'interdiction de l'aide au suicide n'ait pas provoqué une vague de demandes.

Il n'a pas caché sa satisfaction d'avoir en outre vu d'autres homes en Suisse s'inspirer du modèle zurichois et d'autres collectivités publiques lancer le débat. C'est notamment le cas à Morges et dans le canton de Neuchâtel.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

Faits

Sur 1988 décès dans les homes zurichois en 2001 et 2002, 13 étaient des suicides et huit des suicides avec assistance.
Cela représente un taux de suicide 0,65%.
Chez les plus de 65 ans, en 1998, 388 personnes se sont suicidées, sur 51 116 décès, soit un taux de 0,64%.
Au total, 1998, il y a eu 1371 suicides sur 62 567 décès, soit un taux de 2,2%.

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