Feu vert du parlement suisse au principe de la sécurité par la coopération

Neutralité ne signifie ni manque de solidarité ni absence de coopération. Après le Conseil National, le Conseil des Etats a adopté, ce mardi, le rapport sur la politique de sécurité 2000. Les craintes du camp conservateur ont été balayées.

Ce contenu a été publié le 21 mars 2000 - 17:59

Neutralité ne signifie ni manque de solidarité ni absence de coopération. Après le Conseil National, le Conseil des Etats a adopté, ce mardi, le rapport sur la politique de sécurité 2000. Les craintes du camp conservateur ont été balayées.

Il y a deux ans, dans un rapport sur les questions stratégiques, la Commission Brunner avait prôné une sérieuse cure d’amaigrissement pour l’armée. Composée de membres issus de tous bords politiques sous la présidence de l’ancien secrétaire d’Etat Edouard Brunner, la commission affirmait que les menaces sont de moins en moins de nature militaire.

Le rapport, approuvé par tous les membres de la commission à l’exception de Christoph Blocher, avait suscité un concert de louanges. Le conseiller national zurichois UDC, lui, s’en était violemment distancié, allant jusqu’à dire que le rapport avait été rédigé par une «élite de collabos».

S’appuyant sur les analyses de la commission Brunner et reprenant quelques-unes de ses thèses, le Conseil fédéral a publié, en juin de l’année dernière, son propre rapport sur la politique de sécurité de la Suisse.

C’est ce rapport que vient d’approuver le Conseil des Etats. L’approbation, par les deux chambres, va permettre au gouvernement d’aller de l’avant et de préparer la réforme de l’armée et de la protection civile, prévue d’ici à 2003. C’est un premier pas important, «une ligne directrice», a expliqué à la petite chambre le ministre de la Défense Adolf Ogi (photo).

Le rapport, qui postule la sécurité par la coopération, a passé la rampe sans problème, par 24 voix contre 5. Il comporte des idées «audacieuses, voire révolutionnaires», n’a pas craint d’affirmer le président de la commission, le démocrate-chrétien jurassien Pierre Paupe.

Crainte principale manifestée par quelques membres de la chambre des cantons: renforcer la coopération avec des Etats, même «amis», ou armer les troupes suisses engagées à l’étranger dans des missions de maintien de la paix risque de porter atteinte à la neutralité.

Des craintes balayées par Adolf Ogi. Le président de la Confédération a assuré que le gouvernement n’avait nullement l’intention d’abandonner la neutralité si chère aux Suisses.

Dominique Boillat

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