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Feux rouges sur la prostitution biennoise

Image du film "Red Light" de Raphaël Sibilla. Visions du Réel

Aux Visions du Réel, Expo.02 a aussi son Atelier.02. Le cinéaste romand Raphaël Sibilla y présente la montée de la prostitution à Bienne.

Ce contenu a été publié le 27 avril 2002 - 14:41

Après son documentaire «117 Police Secours» de l'an passé, Raphaël Sibilla propose son nouveau film «Red Light», à l'enseigne de la 8e édition du Festival international du cinéma à Nyon.

«J'ai reçu un mandat pour traduire ce qui se passe avant, pendant et après l'exposition nationale», explique Raphaël Sibilla, actuellement à Paris. Et c'est en me promenant le soir dans les rues de Bienne que je me suis aperçu de toutes ces petites lueurs rouges aux fenêtres».

Recrudescence des prostituées

Très vite, le film «Red Light» nous apprend, en effet, qu'en quelques mois, près d'un millier de prostituées se sont nouvellement installées dans une agglomération biennoise qui compte 50 000 habitants. Des péripatéticiennes de Berne et Thoune ont même déménagé à Bienne pour l'exposition nationale.

Raphaël Sibilla promène ainsi le spectateur dans le «Bienne by night». Il occupe le siège avant d'une voiture de police en patrouille. Au volant, le chef de la sécurité lui parle de la montée de la prostitution dans la cité.

Outre l'officier de police, deux autres personnages - la tenancière d'un salon de massage et une médiatrice pour l'accueil des prostituées - évoquent les problèmes relatifs à la profession.

Rivalités et jalousies

La tenancière, une femme de couleur naturalisée suisse, ne se prive pas de crier à l'injustice: «les illégales peuvent faire ce qu'elles veulent dans le métier, alors que celles qui sont en ordre avec la loi sont sans arrêt pourchassées par le fisc, les pouvoirs publics ou les représentants de la loi».

Le film laisse entendre qu'il y a, à Bienne, un très grand nombre d'Africaines qui s'adonnent à la prostitution. Souvent en situation illégale, elles ont un minimum de temps pour gagner un maximum d'argent. Leurs gains serviraient à entretenir leur famille en Afrique.

Le film «Red Light» nous montre à quel point la rivalité et la jalousie sont des sentiments très présents dans le milieu. La concurrence fait rage.

«Pour l'heure, confie Sibilla, une grande partie de leurs clients sont des ouvriers des chantiers d'Expo.02. Sous peu, les belles de nuit devraient pouvoir compter sur la clientèle des visiteurs de l'exposition nationale.»

Un métier astreignant

«J'ai rencontré peu de filles qui font ce métier par choix, par attrait du sexe, souligne Sibilla. Le réalisateur romand est persuadé que le travail d'une prostituée est bien plus astreignant physiquement et moralement que celui, par exemple, d'une vendeuse de supermarché.

Pour Sibilla, les prostituées tiennent un véritable rôle thérapeutique en soulageant les besoins des clients. «J'ai passé des nuits entières dans des salons et je peux vous certifier que leur rythme de travail est épuisant.»

Raphaël Sibilla est manifestement attiré par la vie nocturne. On le sent au travers de sa caméra, de sa production. S'il n'a pas donné la parole à une prostituée ou à un client dans son film, c'est qu'il voulait surtout suggérer plutôt que montrer de manière crue cet univers de la prostitution.

Le réalisateur romand adresse un dernier coup de gueule: il déplore qu'Expo.02 n'ait pas davantage pris en considération les retombées qu'elle pouvait avoir sur la prostitution avoisinante, surtout l'illégale.

swissinfo/Emmanuel Manzi

Visions du Réel jusqu'au dimanche 28 avril à Nyon

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