Fin de règne pour les banques suisses

Rien qu'à Genève, quelque 800 postes vont disparaître dans le secteur bancaire. Keystone Archive

Dans un paysage bancaire en mutation, les suppressions de postes se multiplient dans le secteur bancaire helvétique.

Ce contenu a été publié le 21 août 2002 - 19:40

Amnistie fiscale, attaque du secret bancaire, chute des Bourses, les banques suisses subissent la concurrence étrangère.

Trois cents postes en moins à la banque privée Lombard Odier Darier Hentsch, 275 emplois supprimés à l'Union Bancaire Privée, réductions du personnel chez Julius Bär et dans plusieurs banques régionales alémaniques.

Rien qu'à Genève, Carlo Lamprecht, chef du Département de l'économie, prévoit qu'environ 800 postes passeront à la trappe dans ce secteur ces prochains mois.

Ce n'est plus un simple orage mais une forte tempête voire un ouragan qui est en train de s'abattre sur la place bancaire helvétique.

Secret bancaire visé

Tout a commencé avec des attaques, d'abord sournoises puis au grand jour, contre le secret bancaire. La City de Londres, notamment, cherche ainsi à reconquérir des parts du marché de la gestion de fortune détenu par les établissements suisses.

L'Union européenne a pris à son compte ce flambeau pour mettre fin à la fuite de capitaux vers la Suisse. De l'argent qui échappe aux fiscs européens en profitant du fait que l'évasion fiscale n'est pas un délit dans la Confédération.

Bruxelles demande que Berne applique l'échange d'informations en matière fiscale et donc efface son secret bancaire.

Une suppression qui coûterait cher aux banques helvétiques car on estime que 60% des fonds étrangers déposés en Suisse n'ont pas été déclarés dans leur pays d'origine.

Une amnistie qui vide les coffres

Ensuite c'est l'amnistie fiscale italienne qui a partiellement vidé les coffres helvétiques. Sur les 54,6 milliards d'euros qui sont retournés dans la péninsule, 58% venaient de Suisse.

Même si une partie de ces fonds est désormais gérée par des banques helvétiques en Italie, le trou reste conséquent.

Pour l'UBS et le Credit Suisse, la perte nette totale d'actifs italiens est d'environ 6,3 milliards de francs. Sans oublier l'impact en termes de transfert d'emplois.

Et du côté des banques helvétiques on prie pour que l'idée d'une amnistie fiscale ne se propage pas à l'Allemagne et à la France.

Enfin, la crise boursière qui a suivi les attentats du 11 septembre, et qui perdure, a encore aggravé la situation.

Résultat, de nombreuses banques sont aux abois. Déjà, suite à ses très mauvais résultats semestriels, des rumeurs de fusion ou de rachat du Credit Suisse circulent.

Dans un marché déprimé et face à une concurrence devenue très rude, les banques suisses doivent se restructurer rapidement pour éviter l'hallali.

swissinfo/Luigino Canal

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