Fonds en déshérence: la page n'est pas tournée

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Contrairement à ce que pensaient les Suisses, l'affaire des fonds n'est pas terminée. Les autorités financières et bancaires américaines continuent à exiger que les banques suisses rendent accessibles l'ensemble des 4,1 millions de comptes ouverts en Suisse entre 1933 et 1945.

Ce contenu a été publié le 19 janvier 2001 - 18:49

A la grande surprise de la Suisse, l'affaire des fonds en déshérence rebondit donc avec l'exigence formulée par la présidente de la commission bancaire de l'Etat de New York.

Elizabeth McCaul supervise les établissements bancaires de l'Etat de New York. Appuyée par le Congrès Juif Mondial, elle demande au juge Edward Korman, qui dirige l'application de l'accord intervenu il y a deux ans entre les banques suisses et les survivants de l'Holocauste, d'autoriser l'examen de plus de 4,1 millions de comptes bancaires ouverts en Suisse entre 1933 et 1945.

Madame McCaul affirme qu'elle ne veut rien négliger afin de permettre aux survivants et aux héritiers des victimes de l'Holocauste de récupérer leurs avoirs.

Madame McCaul assortit sa requête d'une menace à peine voilée envers les banques suisses qui, en l'absence de coopération, pourraient perdre la licence qui leur donne le droit d'opérer dans l'Etat de New York.

La présidente de la commission bancaire new-yorkaise a déjà utilisé la menace de façon efficace, puisqu'elle a eu l'occasion de retarder la fusion de l'UBS et de la Société de banques suisses jusqu'à ce que les deux établissements satisfassent certaines de ses exigences à propos des avoirs en déshérence.

Les déclarations de Madame McCaul prennent la Suisse par surprise. En début de semaine encore, les milieux diplomatiques affirmaient que la dernière page de la saga des réparations était définitivement tournée aux Etats-Unis.

«Cette nouvelle requête va bien au-delà de l'accord conclu devant le magistrat qui ne prévoit l'examen que des 46 000 comptes identifiés par la Commission Volcker», souligne Manuel Sager, porte-parole de l'ambassade de Suisse à Washington, avant d'ajouter que cette affaire devra être gérée par les autorités bancaires helvétiques.

Autre signe que la page n'est pas encore définitivement tournée: les propos tenus cette semaine par le futur secrétaire d'Etat américain. Confirmé par le Sénat dans sa nomination à la tête du Département d'Etat, le général Colin Powell a en effet été pressé de questions par certains sénateurs sur le dossier des avoirs juifs. Et M. Powell leur a promis qu'il se pencherait sur ce dossier, «immédiatement».

Marie-Christine Bonzom, Washington

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