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Football: la Suisse pense déjà au Mondial brésilien

Xherdan Shaqiri, l'étoile montante du football suisse, n'a pas pu empêcher la Suisse de vivre une grosse désillusion vendredi dernier au Pays de Galles.

Xherdan Shaqiri, l'étoile montante du football suisse, n'a pas pu empêcher la Suisse de vivre une grosse désillusion vendredi dernier au Pays de Galles.

(Keystone)

Privée de l’Euro 2012 suite à sa défaite au Pays de Galles, l’équipe de Suisse de football et Ottmar Hitzfeld ont déjà le regard tourné vers les qualifications du Mondial 2014. Les observateurs ont toujours confiance en cette jeune équipe prometteuse, un peu moins en son mentor.

La défaite concédée vendredi dernier au Pays de Galles (2-0), conjuguée au nul obtenu dans les dernières minutes de jeu par le Monténégro face à l’Angleterre (2-2), a sonné le glas des espoirs de l’équipe de Suisse. L’Eurofoot, qui se tiendra en Ukraine et en Pologne l’été prochain, se disputera sans la sélection nationale helvétique.

La déception est à la hauteur des espérances placées dans une formation rajeunie tout au long de la campagne qualificative, et dont le nul ramené de Wembley en juin (2-2) avait fait renaître une flamme bien terne suite à deux défaites initiales face à l’Angleterre et au Monténégro.

Le triplé de Xherdan Shaqiri, nouvelle perle du football suisse, lors de la victoire 3-1 face à la Bulgarie au mois de septembre, laissait entrevoir un final haletant dans la lutte pour la deuxième place du groupe. La rencontre de mardi soir face au Monténégro à Bâle aurait dû ainsi avoir valeur de quitte ou double décisif. Mais les événements en ont décidé autrement, le but monténégrin dans les arrêts de jeu propulsant cette jeune nation du football en match de barrage.

Trop de bouleversements

Mémoire vivante du football suisse et collaborateur au magazine hop suisse, Jacques Ducret estime que «la Suisse a manqué de réussite dans cette aventure.» Il y d’abord eu ce départ désastreux, puis les retraits conjoints d’Alexander Frei et de Marco Streller, et enfin les blessures à répétition.

«Lorsque plusieurs joueurs quittent l’équipe ou se blessent, on ne peut pas compter sur un réservoir comparable à celui de l’Espagne, l’Italie ou la France», rappelle Pierre-André Schürmann, ancien sélectionneur de l’équipe nationale des moins de 21 ans et de Neuchâtel Xamax.

Ottmar Hitzfeld ne dit pas autre chose: «En une année, nous avons perdu 6 ou 7 cadres. Il est évident que Frei et Streller ont laissé un vide». Pourtant, lorsque les Shaqiri, Xhaka, et autre Mehmedi ont brillé à Wembley, tout le monde a loué l’avènement de cette très jeune génération talentueuse, appelée à hisser le petit pays alpin vers les sommets. «Certes, les jeunes se profilent, avec courage et culot. Mais l’équipe a peut-être pêché par manque d’expérience au Pays de Galles», analyse Pierre-André Schürmann.

«L’avenir est là, c’est certain. Il manque cependant une génération intermédiaire, notamment en attaque», ajoute Jacques Ducret. Le journaliste sportif pointe également l’absence d’un créateur au milieu de terrain. «Sous Köbi Kuhn, avec Cabanas, Vogel et Wicky, il y avait une certaine complémentarité. Hitzfeld prône un jeu trop timoré, notamment dans l’entre-jeu. Il n’a jamais cherché d’autres solutions, il a vécu sur ses acquis.»

Ottmar Hitzfeld visé

Jacques Ducret joint sa voix aux critiques qui font surface à l’égard du prestigieux sélectionneur allemand depuis la défaite au Pays de Galles. «Son aura est très grande en Suisse alémanique, il est quasiment intouchable en raison de son parcours en Bundesliga. Mais les critiques apparaissent, notamment dans le Blick, un quotidien qui a de l’influence. Il commence à être démythifié.»

Jacques Ducret ne s’en cache pas. Pour lui, Ottmar Hitzfeld n’est clairement pas l’homme de la situation: «Nous avons besoin d’un entraîneur ambitieux, qui s’implique à fond, à l’exemple de Pierluigi Tami, qui a mené la sélection des moins de 21 ans en finale de l’Euro. Ottmar Hitzfeld est en fin de parcours et se contente de sa rente de situation.»

Pierre-André Schürmann, lui, refuse d’entrer dans la polémique: «Un entraîneur se remet constamment en cause, et pas seulement après une défaite. Il faut faire confiance au sélectionneur et aller de l’avant.» Pour Pierre-André Schürmann, il s’agit désormais d’analyser en profondeur les raisons de l’échec, afin de repartir sur de bonnes bases. «Le sélectionneur est toujours dépendant des minutes de jeu octroyés par les clubs étrangers à nos cadres», tient-il toutefois à rappeler.

Le Brésil en ligne de mire

Le prochain objectif est très clair: démarrer d’un bon pied la campagne qualificative qui doit mener au Mondial brésilien de 2014. «Nous avons onze mois devant nous pour progresser, affirme Ottmar Hitzfeld. Ne jouer que des matches amicaux n'est pas un problème à mes yeux. Les joueurs ne doivent faire aucune différence entre un match qui compte et une rencontre amicale. Une fois encore, j'exigerai une concentration extrême.»

La Suisse a été chanceuse au tirage. Elle affrontera la Norvège, la Slovénie, l’Albanie, Chypre et l’Islande. «C’est toujours mieux d’évoluer dans un groupe plus facile. D’ici là, il s’agira de trouver les automatismes, car le groupe a été beaucoup modifié. L’autre défi sera celui de la préparation mentale. Chacun de ces matches devra être abordé dans les meilleures conditions possibles», plaide Pierre-André Schürmann.

«La Suisse peut raisonnablement espérer tirer son épingle du jeu et se qualifier pour la Coupe du monde 2014, avec ou sans Hitzfeld», estime Jacques Ducret. Les joueurs, à qui on prédisait également un parcours aisé jusqu’à l’Euro 2012, préfèrent calmer le jeu. «Notre groupe ne sera pas aussi faible qu'on le dit. L'équipe de Suisse a un très grand potentiel, c'est vrai. Mais elle en phase de reconstruction. Elle a besoin aujourd'hui de travailler avec les mêmes joueurs et d'évoluer dans un même système. C'est la clé du succès en foot!», a ainsi souligné Johann Djourou à l’agence de presse Sportinformation.

Euro 2012, groupe G

Le parcours de la Suisse:

 

Suisse - Angleterre 1-3 (0-1)

Monténégro - Suisse 1-0 (0-0)

Suisse - Pays de Galles 4-1 (2-1)

Bulgarie- Suisse 0-0

Angleterre - Suisse 2-2 (1-2)

Suisse - Bulgarie 3-1 (1-1)

Pays de Galles- Suisse 2-0 (0-0)

Suisse - Monténégro 2-0 (0-0)

Classement final:

1. ANGLETERRE 8/18

2. Monténégro 8/12

3. Suisse 8/11

4. Pays de Galles 8/9

5. Bulgarie 8/5

1 = Euro 2012

2 = barrages

Les équipes qualifiées:

Allemagne, Angleterre, Espagne, Pays-Bas, Russie, Italie, France, Grèce, Danemark, Suède, ainsi que l'Ukraine et la Pologne, les deux pays organisateurs.

Les équipes barragistes:

Turquie, Irlande, Estonie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Monténégro, Portugal, République tchèque.

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Suisse - Montenegro 2-0 (0-0)

Parc St. Jacques de Bâle: 19'997 spectateurs.

Arbitre: Benquenrença
(Por).

Buts: 51e Derdiyok 1-0. 65e Lichsteiner 2-0.  
 
Suisse: Benaglio; Lichtsteiner, Djourou, von Bergen, Rodriguez; Inler, Behrami; Shaqiri (77e Degen), Mehmedi, Xhaka (84e Fernandes); Derdiyok (59e Emeghara). 
 
Monténégro: M. Bozovic; D. Bodzovic, Savic, Batak, Pejovic (46e Bozovic); Beqiraj, Zverotic, Drincic (72e Grbic), Cetkovic;
Damjanovic, Dalovic (66e Delibasic). 

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swissinfo.ch


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