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Fribourg lorgne sur un pont de portée nationale

Le futur pont aura incontestablement de l'allure. (Photomontage: pont-poya.ch)

En parallèle aux votations fédérales du 24 septembre, Fribourg vote sur la construction du pont de la Poya, dont la partie haubanée de 196 m constituera un record en Suisse.

Lancé à 70 m au-dessus de la Sarine, rivière symbolique de la frontière des langues, l'ouvrage mesurera 852 m de long.

«Etant depuis cinquante ans sur le chemin, nous espérons maintenant arriver à bout touchant, lance Claude Morzier, chef des Ponts et Chaussées du canton de Fribourg. Pour un an de travaux, il faut dix ans de palabres. On est donc dans les temps !»

Depuis le premier projet de 1959 destiné à désengorger la vieille-ville de la capitale fribourgeoise et en améliorer la qualité de vie et les attraits, de l'eau a coulé sous les 250 ponts du canton.

Mais après des années de maturation politique, urbanistique et financière, après aussi un récent accord trouvé avec les écologistes, les Fribourgeois doivent maintenant donner leur accord à un crédit de 58 millions de francs (échelonné sur 5 ans).

Cette somme est la part que le canton consacrera au Pont de la Poya (et à son tunnel), devisé à 120 millions de francs. Si le «oui» l'emporte, il faudra ensuite engranger les 60 millions attendus de la Confédération.

Car si cette subvention octroyée dans le cadre des projets routiers urgents a joué les aiguillons en faveur du dossier à Fribourg, elle doit encore obtenir l'aval de la Chambre basse du parlement fédéral à Berne.

Mise en service prévue en 2012

Autre étape que les autorités fribourgeoises ne jugent pas forcément vitale mais importante: le traitement d'une cinquantaine d'oppositions de particuliers portant sur des détails du projet (giratoires, accès, etc). Ensuite de quoi, les choses sérieuses – le chantier – pourront commencer.

Deux dates sont à retenir: début 2009 pour le début des travaux autour du pont proprement dit, et fin 2012, pour sa mis en service.

Cet ouvrage est «une étape importante de l'histoire de la construction des ponts en Suisse, prévoit Claude Morzier. C'est un pont particulièrement réussi du point de vue esthétique. Il aura toutes les chances d'attirer les visiteurs».

«Fribourg est traditionnellement une ville de ponts, précise Bernard Houriet, ingénieur reconnu et partie-prenante au projet. La ville en possédait de très grands dans le passé. Un des soucis était de renouer avec cette tradition».

Plusieurs câbles entre pilier et tablier

Comme le Viaduc de Millau en France (2,5 km, portée maximale de 342 m), le pont de la Poya sera haubané. En clair, plusieurs câbles obliques lieront chaque pilier au tablier.

«Les ponts haubanés sont relativement rares en Suisse, indique Bernard Houriet. On en compte peut-être une dizaine», dans un pays pourtant parcouru en tous sens par les ouvrages d'art.

Le tracé permettant l'évitement du vieux quartier du Bourg mesurera 1,47 km. Il comprendra une chaussée à trois voies et une piste cyclable. Le pont à lui seul s'étirera sur 851 m. Dont 196 pour la portée centrale – un record suisse.

Ce chiffre est toutefois bien loin des 1088 m de portée du pont de Sutong sur le Yangzi Jiang en Chine ou des 490 m de celui de l'Oresund entre le Danemark et la Suède.

Des piliers à plus de 100 m dans le ciel

Le mix d'acier et de béton fribourgeois sera lancé à 70 m au-dessus de la Sarine, entre deux zones habitées, pour aboutir vers un tunnel (avec tranchée) de 289 m planté sous une ligne de chemin de fer.

«Ce pont est un défi technologique en raison notamment de l'environnement urbain: accessibilité du chantier, problèmes de bruit, de pollution et de gêne pour les usagers», estime Claude Morzier

Visuellement, les maquettes du pont font entrevoir une structure relativement aérienne, avec des piliers pointant à plus de 100 m vers le ciel.

Ce probable nouveau fait d'arme des ingénieurs suisses s'inscrit dans une riche tradition de savoir-faire. Une tradition où trônent les noms d'Othmar H. Ammann (le Verrazano Narrows Bridge à New York) ou de Robert Maillard, sur un plan plus national.

Des Suisses cotés sur le plan mondial

«Dans le domaine des ponts, les Suisses sont cotés sur le plan mondial», reconnaît Bernard Houriet. L'ingénieur met cette aura sur le compte de la qualité des écoles polytechnique fédérales. De Zurich depuis longtemps, de Lausanne plus récemment.

«Aujourd'hui âgé, mais expert lors du concours sur la Poya (1989), Christian Menn a fait 120 ou 130 ponts en Suisse, rappelle Bernard Houriet. Il a construit à Boston et ailleurs aux Etats-Unis. Et c'est une star mondiale».

swissinfo, Pierre-François Besson

En bref

- La Suisse compte quelque 790 ponts ferroviaires et plus de 3400 ponts routiers. Une fois achevé le programme des routes nationales, elle abritera 4000 ponts routiers sur son territoire.

- Cette densité, supérieure à celle des pays voisins de la Suisse, s'explique surtout par la densité de la population et la configuration du terrain. Beaucoup de cours d'eau et de routes en plaine, des montagnes et des vallées sur deux-tiers du territoire.

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Faits

Ponts les plus hauts en Suisse:
113 m pour le pont de la Mentue dans le canton de Vaud, ouvert en 2001.
110 m pour le viaduc de la Biaschina au Tessin, ouvert en 1984.

Ponts les plus longs:
3,155 km pour le viaduc d'Yverdon dans le canton de Vaud, ouvert en 1984.
3,147 km pour le viaduc de Beckenried dans le canton de Nidwald, ouvert en 1980.

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