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G8 à Genève: la Confédération pointée du doigt

(Keystone)

Le rapport de la commission extraparlementaire genevoise sur le G8, publié mercredi, pointe un doigt accusateur en direction de la Confédération.

Celle-ci n'aurait pas pris la mesure d'un tel évènement organisé à ses portes, sous-estimant son impact sur la Suisse.

La Commission extraparlementaire, instituée par le Grand Conseil genevois et présidée par l'ancien conseiller d'Etat tessinois Alex Pedrazzini, n'est pas tendre avec le gouvernement suisse.

Celui-ci est accusé «d'être entré en matière relativement tard et de manière plutôt passive» dans la gestion du sommet d'Evian.

«La Confédération semble avoir cru pendant longtemps que le G8 ne serait qu'une sorte de sommet de Davos», relèvent les quatre experts. Le Conseil fédéral a aussi considéré que le poids principal, si ce n'est exclusif, de l'évènement, reposerait sur la France, avec des manifestations ne débordant aucunement en Suisse.

Le Conseil fédéral n'a ensuite pas jugé bon d'associer immédiatement les cantons à ses démarches «afin de procéder à une analyse conjointe des risques». Une meilleure collaboration aurait permis de solliciter très tôt un appui de la France pour la gestion de l'ordre public, spécialement à Genève.

Et la commission de souligner que Berne, dans des situations exceptionnelles comme le sommet d'Evian, «ne peut se limiter à garantir l'appui à un Etat étranger en laissant ensuite aux cantons la tâche de résoudre les problèmes», surtout quand ceux-ci ne sont pas impliqués dès le départ dans le processus.

Des errements du côté de la police

La police genevoise en prend également pour son grade, mais bénéficie néanmoins des circonstances atténuantes. Dans les manquements, les commissaires évoquent notamment le samedi soir du 31 mai 2003 lorsque des casseurs ont, en tout impunité, saccagé les rues marchandes de Genève. Ici, «la police n'a pas rempli sa mission».

Les experts mettent cependant un bémol aux critiques qu'ils adressent à la police. Celle-ci, soulignent-ils, a travaillé dans des circonstances difficiles, subissant durant plusieurs jours humiliations, injures et provocations incessantes, le tout sous le regard de nombreux badauds venus assister au spectacle.

Incohérences gouvernementales

Les autorités genevoises ne sont pas non plus créditées d'un sans-faute. Le Conseil d'Etat, lors des évènements, a manqué de cohésion, tiraillé entre des magistrats partisans d'une implication minime de Genève et ceux plus compréhensifs à l'égard des manifestants altermondialistes.

Selon le rapport de la commission, «certaines décisions n'ont pas été prises afin d'éviter une polarisation au sein du gouvernement genevois». Au Grand Conseil, les camps étaient les mêmes, avec une droite peu favorable à la venue des manifestants et une gauche altermondialiste dans l'âme.

Le ton des experts de la commission est nettement plus conciliant avec les organisateurs de la grande manifestation anti-G8 du 1er juin, dont le bilan est «globalement positif». Les altermondialistes ont clairement affiché leur volonté d'établir un dialogue permanent avec les autorités cantonales et fédérales.

L'essentiel est sauf

Le rapport de la commission extraparlementaire, même s'il épingle les autorités sur plusieurs aspects, leur reconnaît néanmoins le mérite d'avoir évité le pire. La rencontre entre chefs d'Etat a pu avoir lieu et aucune victime n’a été à déplorer lors des interventions de maintien de l'ordre.

Dans leurs recommandations, les experts invitent notamment Berne à impliquer étroitement les cantons en cas de décisions touchant la gestion de l'ordre public, à désigner un responsable opérationnel unique pour la sécurité lors d'évènements majeurs et à mettre sur pied des unités spécialisés dans le maintien de l'ordre.

swissinfo avec les agences

En bref

- Le Sommet du G8 s'est tenu du 1er au 3 juin 2003 à Evian, en France. Chronologie des principaux temps forts:

- Août 2002: Le président français Jacques Chirac annonce que la prochaine réunion du G8 se tiendra à Evian.

- 3 mai 2003: Genève demande à la Confédération l'engagement de 1500 policiers supplémentaires pour assurer la paix dans ses rues. Les autres cantons ne peuvent fournir que 720 hommes. La conseillère d'Etat Micheline Spoerri réclame des renforts allemands.

- 28 mai 2003: Les 900 policiers allemands appelés en renfort prennent leur quartier à l'aéroport de Genève-Cointrin.

- 29 mai 2003: Première manifestation altermondialiste à Lausanne, avec environ 8000 personnes. Quelques échauffourées éclatent, mais rien de dramatique.

- 31 mai 2003: Arrivée à l'aéroport de Genève de plusieurs chefs d'Etat participant au Sommet. Dans la nuit, une vingtaine de casseurs cagoulés sème le chaos dans les rues marchandes de Genève. La police genevoise n'arrive pas à les interpeller.

- 1er juin 2003: Le président américain George W. Bush arrive à l'aéroport de Genève et s'envole pour Evian. La grande manifestation anti-G8 partant simultanément d'Annemasse et de Genève réunit entre 70’000 et 100’000 personnes.

- Une véritable guérilla urbaine se déroule dans les rues de Genève, avec des pillages de magasins. La police allemande donne la charge au milieu de la nuit. A Lausanne, le défilé altermondialiste de dimanche matin dégénère. La police procède à 287 interpellations.

- 2 juin 2003: 500 personnes défilent dans les rues de Genève pour réclamer la libération de leurs camarades arrêtés la veille. Nouvelles échauffourées.

- 3 juin 2003: Le Conseil d'Etat genevois interdit toute manifestation sur le territoire du canton. La police disperse dans la soirée une petite manifestation à Genève et procède à plusieurs interpellations.

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