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Gel du salaire des cadres du CSFB

Le siège du CSFB à New York.

(Keystone)

Credit Suisse First Boston (CSFB) se serre la ceinture d'un nouveau cran. La filiale américaine du groupe suisse gèle les salaires de plus de 5000 cadres. On ne saura pas, toutefois, si son tout nouveau consultant, l'ancien Premier ministre britannique John Major, sera logé à la même enseigne.

Dans une circulaire - divulguée mardi par le New York Times - Allen Wheat, patron de Credit Suisse First Boston, annonce aux employés de la banque d'investissement qu'«au vu des conditions du marché, les vice-présidents, directeurs et directeurs généraux de la société ne recevront pas d'augmentation de salaire a la fin du premier semestre».

Traditionnellement, la filiale du groupe Credit Suisse évalue les membres de son personnel pendant l'été. Et cette évaluation servant de point de référence pour des hausses de salaire.

Credit Suisse First Boston se démarque ainsi des autres banques américaines d'investissement où l'évaluation du personnel et le versement des augmentations et des primes ont lieu en décembre.

La décision du patron du CSFB reporte donc d'éventuelles hausses de salaire à la fin de l'année. Le gel des salaires concerne quelques 5400 cadres supérieurs de l'entreprise.

«Il s'agit des employés qui se situent au plus haut de l'échelle», souligne Jeanmarie McFadden, une porte-parole de Credit Suisse First Boston. Cependant, elle ne précise pas si le PDG devra lui-aussi se serrer la ceinture.

La porte-parole ne précise pas non plus si les consultants de prestige engagés par la société, comme l'ancien Premier Ministre britannique John Major, seront appelés à faire un geste.

Interrogée par swissinfo sur le point de savoir si Allen Wheat et John Major verront leurs rémunérations gelées, Victoria Harmon, l'un des vice-présidents de la firme, s'est refusée à répondre, indiquant qu'il «n'est pas de l'habitude du CSFB de faire des commentaires sur des questions internes».

Le CSFB se refuse aussi à chiffrer les économies que le gel des salaires des cadres permettra de réaliser. Ce qui est sûr, c'est que la banque d'investissement subit de fortes pressions pour réduire sa masse salariale.

La conjoncture économique aux Etats-Unis est si défavorable que le Département du commerce a revu ses prévisions de croissance à la baisse et la Réserve Fédérale table désormais sur une nouvelle détérioration.

Dans un tel contexte, les transactions boursières, les offres publiques d'achat et les fusions d'entreprise, qui forment le fonds de commerce de Credit Suisse First Boston, se font plus rares.

Par ailleurs, la filiale américaine de Credit Suisse revient cher au groupe. En effet, le poste budgétaire du personnel représente près de 60% de son chiffre d'affaires: 2 milliards et demi de dollars au cours du premier trimestre, pour un produit net de 4 milliards 300 millions.

Cette situation diminue la compétitivité de la société aux Etats-Unis, où la part des dépenses de personnel des concurrents du CSFB est nettement inférieure, de l'ordre de 50% seulement.

Marie-Christine Bonzom, Washington


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