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Genève au cœur de la lutte mondiale antitabac

Jeffrey Wigand a dénoncé certaines pratiques de l’industrie du tabac.

(Keystone)

Ces jours-ci, Genève fait figure d'état-major antitabac. Un médecin américain s´y est vu décerner un prix du combattant. Et durant deux jours, des auditions publiques serviront de prélude aux premières négociations d´une convention internationale.

Jeffrey Wigand, ancien chercheur chez un fabricant américain de cigarettes, était à l'honneur mercredi à Genève. Ce n'était pas pour y recevoir un oscar du cinéma suite au film «The Insider» dont le scénario s'inspire de son histoire personnelle et des menaces de mort qu'il avait reçues pour avoir dénoncé certaines pratiques de l'industrie du tabac.

Ce médecin, témoin-clé dans procès américain contre des industriels du tabac, s'est vu par contre récompensé par le Centre d'information de l'association pour la prévention du tabagisme (CIPRET-Genève) pour «son courage, sa perspicacité et son efficacité». Recevant son prix de 2000 dollars, Jeffrey Wigand ne s'est pas privé de montrer du doigt les cigarettiers et leur «mépris insolent de la vérité».

La date de cette cérémonie, placée également sous le parrainage du Département de la santé publique du canton de Genève, n'a pas été choisie au hasard. Elle survient à quelques jours d'une première session de négociations lancées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour élaborer une convention internationale réglementant l'usage du tabac.

Cette session est elle-même précédée de deux jours d'auditions publiques ('public hearings') au cours desquelles plus de 170 organisations présenteront leurs points de vue sur cette future convention. Parmi elles, des institutions de santé publique, des associations antitabac, mais aussi des producteurs de tabac et des représentants de l'industrie cigarettière.

Quelque 500 prises de positions écrites ont déjà été publiées par l'OMS, dont celle de l'Association suisse pour la prévention du tabagisme. En Suisse, selon son document, on compterait chaque année plus de 8'000 décès liés à la consommation de tabac. Vus sous ce même angle, les coûts de santé dépasseraient largement le milliard de francs suisses.

Au chapitre des mesures préventives, l'Association dresse un inventaire succinct de la situation suisse en matière de politique de prix des cigarettes, de publicité, d'éducation ou encore d'aménagements d'espaces non-fumeurs. Quant à la future convention internationale, elle aurait, dit-elle, «un impact historique» sur la santé publique.

Les négociations s'annoncent plutôt longues. Elles provoqueront sans doute un débat fort polémique. L'OMS tient absolument à ce qu'il se déroule sous l'angle de la santé publique et non sous celui des intérêts économiques. Mais aura en face d'elle l'imposant lobby des industriels du tabac qui n'ont pas du tout apprécié que l'un de ses comités d'experts les accuse, en août dernier, de «tentative de subversion».

La polémique risque d'être chaude en Suisse aussi. L'Office fédéral de la santé publique organise le 8 novembre à Lucerne une réunion nationale d'impulsion («Smoking out») consacrée au thème des jeunes fumeurs toujours plus nombreux dans les cours d'écoles. Le président de la Communauté de l'industrie suisse de la cigarette, Edgar Oehler, figure dans la liste des intervenants. Ce qui a pour premier résultat que nombre de participants, et non des moins engagés, ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils boycotteraient cette journée.

Bernard Weissbrodt

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