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Genève offre son plan de paix au monde

Micheline Calmy-Rey accueille Yasser Abed Rabbo (gauche) et Yossi Beilin (droite)

(Keystone)

Les promoteurs israéliens et palestiniens de l’Initiative de Genève se sont retrouvés lundi sur les bords du Léman.

Parrainée par la Suisse, cette manifestation marque le coup d’envoi d’une vaste campagne de promotion.

«Ce conflit n’est pas insoluble. Tel est le message que nous voulons lancer au monde», affirme Daniel Levy, conseiller de Yossi Beilin, le principal négociateur israélien de l’Initiative de Genève.

«Ces trois dernières années, il n’y avait pas de choix. Aujourd’hui, nous montrons qu’une alternative à la violence est possible», renchérit Ghaith Al-Omari, conseiller de Yasser Abed Rabbo, le principal négociateur palestinien.

Pour preuve, les deux partenaires brandissent l’accord, signé par leurs deux délégations le 12 octobre dernier en Jordanie.

Deux ans de négociations secrètes

Fruit de plus de deux ans de négociations secrètes, ce document, lancé sur la scène internationale lundi après-midi, propose des solutions détaillées aux questions laissées en suspens par les autres tentatives de paix, que ce soient celles de Madrid, d’Oslo, de Camp David ou de Taba.

Certes, l’Accord de Genève n’est pas le fait du gouvernement israélien. Le premier ministre Ariel Sharon le considère même comme nuisible.

L’Autorité palestinienne, elle non plus, n’a pas officiellement participé à l’élaboration de ce plan de paix. Mais son leader Yasser Arafat a finalement autorisé plusieurs membres de son gouvernement à faire le voyage de Genève. Et ce, malgré l’opposition affichée d’une partie du Fatah et des critiques virulentes lancées par le Hamas et le Djihad islamique.

Résultat: deux personnages clé des négociations, le ministre sans portefeuille Qadoura Farès et le député Khatem Abdel Khader, proches du leader emprisonné Marwan Barghouti, ont participé à la cérémonie de Genève, après avoir obtenu une autorisation écrite de Yasser Arafat.

Le raïs palestinien a également dépêché son conseiller à la sécurité nationale Jibril Rajoub, tout comme Mohamed Horani, l’un des dirigeants des Tanzim, la milice armée du Fatah.

Coté israélien, les participants ne sont pas non plus des rêveurs, à l’instar du général Ammon Shahak, ancien chef de l’état-major de Tsahal et de plusieurs anciens responsables des services secrets israéliens.

Un large éventail de la société civile

Plus largement, les délégations israéliennes et palestiniennes présentes à Genève – environ 200 personnes chacune – représentent un large éventail de la société civile.

«Des écrivains, des artistes, des grands patrons, des syndicalistes ou des acteurs du monde associatif participent à la manifestation de Genève», précise Daniel Levy.

«Nous voulons, affirme encore le principal négociateur israélien de l’Initiative, former une coalition de gens sains d’esprit pour affronter les extrémistes des deux camps».

Son partenaire Ghaith Al-Omari ajoute: «Nous sommes des réalistes. Raison pour laquelle nous voulons mettre un terme à cette folie meurtrière.»

L’accord conclu en Jordanie est donc un prototype censé inspirer les gouvernements des deux camps, tout comme la communauté internationale.

Une communauté représentée à Genève par l’ex-président américain Jimmy Carter, l’ancien premier ministre espagnol Felipe Gonzales, l’ex-président portugais Mario Soarez ou les trois anciens ministres français Bernard Kouchner, Simone Veil et Jack Lang.

De Jimmy Carter à Mikhail Gorbatchev

Par ailleurs, 58 anciens présidents, premiers ministres et ministres ont signé une lettre de soutien à l'Initiative de Genève. Parmi eux se trouvent l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss et l'ex-président du CICR, Cornelio Sommaruga.

L'ancien assistant du président Clinton pour le Proche-Orient Robert Malley, directeur de l'International Crisis Group (ICG), a rendu publique lundi à Genève la liste des 58 dirigeants.

Tous demandent aux Etats-Unis, à l'Union européenne, à la Russie, à l'ONU et aux membres de la Ligue arabe de soutenir l'Initiative de Genève, de même que la pétition lancée en Israël par Ami Ayalon et Sari Nusseibeh.

«Nous croyons que la meilleure manière d'avancer est d'aborder dès le début, et non à la fin, les principes de base d'une solution durable» au Proche-Orient, affirme la lettre des 58 dirigeants.

L'Initiative de Genève et la pétition Ayalon-Nusseibeh «lancent un signal fort qu'une alternative existe à la situation actuelle. Elles ont le potentiel de transformer la dynamique de la politique intérieure dans les deux camps», poursuit le texte.

Parmi les premiers signataires se trouvent notamment l'ancien secrétaire général de l'ONU Boutros Boutros-Ghali, l'ex-président finlandais Martti Ahtisaari, l'ex-président de l'URSS Mikhail Gorbatchev, l'ex-président de la Commission européenne Jacques Delors, l'ex-Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Mary Robinson et l'ex-Haut Commissaire aux réfugiés Sadako Ogata.

Une plus grande visibilité de la Suisse

Près de 1000 personnes, dont 500 journalistes, se sont donc retrouvées à Genève pour marquer leur soutien à l’Initiative. Cette manifestation donne également le coup d’envoi d’une campagne de promotion au Proche-Orient comme dans le reste du monde.

Pour la Suisse et sa ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, cette opération a déjà permis de propulser Genève à la une des médias du monde entier.

Le soutien apporté par la diplomatie helvétique illustre également de manière exemplaire les retombées de la loi fédérale sur les mesures civiles de promotion de la paix.

Selon Micheline Calmy-Rey, le soutien apporté par son ministère aux promoteurs de l’Initative de Genève s’inscrit en effet totalement dans ce cadre législatif approuvé par le parlement suisse.

Mais, comme au Proche-Orient, cet engagement indigne les extrémistes, en l’occurrence l’Action pour une Suisse indépendante et neutre, une émanation du parti nationaliste et conservateur de Christophe Blocher.

swissinfo, Frédéric Burnand, Genève

En bref

- L’Initiative de Genève a été rédigée par des membres de l’opposition israélienne et des membres du Fatah, le parti de Yasser Arafat.

- Cet accord de paix non officiel fait l’objet d’une importante campagne de promotion au Proche-orient comme dans le reste du monde.

- Le gouvernement israélien est fermement opposé à ce texte et certains milieux ont critiqué cette «interférence» de la Suisse dans les affaires israéliennes.

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