George W. Bush veut modifier la mission du GAFI

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Les Etats-Unis appellent leurs alliés à uniformiser les moyens de lutte contre le blanchiment de l'argent du terrorisme. Un effet des attentats du 11 septembre.

Ce contenu a été publié le 30 octobre 2001 - 11:43

Ouvrant à Washington la première réunion d'urgence du GAFI - Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux - le secrétaire américain au Trésor, Paul O'Neill, a plaidé en faveur du démantèlement des circuits financiers qui permettent aux groupes terroristes comme le réseau Al-Qaida d'Oussama Ben Laden d'opérer à travers le monde.

Paul O'Neill demande aux membres du GAFI d'adopter «des normes internationales visant à combattre le financement des groupes terroristes et devant s'appliquer à tous les pays».

Des normes élaborées d'ici à février

Le secrétaire américain au Trésor - l'équivalent d'un ministre des Finances et de l'Economie - a pris la parole devant quelques 300 participants rassemblés dans un grand hôtel de Washington et représentant les Etats membres et diverses organisations internationales comme Interpol, l'OCDE, le Conseil de Coopération du Golfe ou la Commission européenne.

Il a «pressé le GAFI d'élaborer ces normes d'ici à sa prochaine assemblée plénière prévue en février». M. O'Neill a aussi invité le GAFI à publier régulièrement des rapports sur les progrès enregistrés dans la traque et le gel de l'argent du terrorisme.

La Suisse associée

Au fond, l'administration Bush cherche à modifier la mission du GAFI, dont la Suisse est membre aux côtés des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, du Japon et de 24 autres pays industrialisés ou organisations.

Depuis sa création en 1989, le GAFI avait pour mission de lutter contre le blanchiment des capitaux issus de l'évasion fiscale et du trafic de drogue. Mais après les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone, la Maison Blanche a fait de la guerre contre le terrorisme sa priorité centrale.

Et comme à chaque fois quand les Etats-Unis se trouvent une «grande cause» - pour reprendre les termes du président Bush - Washington considère tout à travers le prisme de cette priorité.

Tout, de la politique étrangère à la politique intérieure, en passant par les relations avec les autres pays, les organisations internationales ou le secteur privé. A cet égard, le GAFI devient l'un des instruments que les Américains entendent utiliser pour tenter de couper les vivres aux terroristes.

L'administration Bush soutenue par le G 7

Les objectifs de l'administration Bush ont déjà reçu le soutien du G 7. Réunis au Trésor américain le 6 octobre, les ministres des Finances et de l'Economie des sept pays les plus industrialisés avaient en effet souhaité que le GAFI joue un rôle clé dans la chasse à l'argent du terrorisme, notamment en identifiant les pays et organisations qui facilitent les transactions des terroristes et en obtenant la collaboration de ces entités.

«Notre but n'est ni plus ni moins que de démanteler et d'éliminer les réseaux financiers qui soutiennent le terrorisme et ses actes odieux», a déclaré Paul O'Neill lors de la première journée de la séance d'urgence du GAFI.

Le secrétaire américain affirme que depuis les attentats de New York et Washington, 150 pays ont exprimé leur appui à la lutte contre le financement du terrorisme et que, parmi ces pays, plus de 80 ont ordonné le gel des avoirs appartenant à des terroristes. «Nous devons tous coopérer, car l'argent ne connaît pas de frontière et aucune nation ne peut combattre seule l'argent du terrorisme», a estimé M. O'Neill.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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