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Grâce à Ecogia, le CICR veut aguerrir ses délégués

Ecogia doit s’ouvrir à d’autres acteurs humanitaires et à d’autres organisations.

(Keystone)

Cartigny: ce nom a fait le tour du monde. Ecogia prend sa place. C'est là, en campagne genevoise, que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a installé son nouveau centre de formation. Un déménagement qui ouvre aussi de nouvelles perspectives à la réflexion et à la collaboration humanitaire.

Pendant une trentaine d'années, le CICR avait pris coutume d'envoyer ses nouveaux délégués dans le village de Cartigny pour y vivre un temps d'initiation à l'esprit et aux réalités de leurs futures tâches. Mais au fil des ans, le lieu s'est révélé trop étroit et, surtout, le CICR ne pouvait l'occuper en permanence.

Le domaine d'Ecogia, propriété de la commune de Versoix et qui tire son nom d'une source voisine, répond beaucoup mieux aux besoins de l'organisation. Plus proche du siège mais en même temps à l'écart de la ville - dans un cadre propice à la réflexion et à la rencontre et dans une vieille demeure à l'intérieur restauré dernier cri - son nouveau centre de formation ne manque pas d'ambitions.

Il s'agit tout d'abord de mettre fin à la dispersion des différents cycles de formation assurés par le CICR, à commencer par le cours de base et «d'intégration» organisé huit fois par année et pendant quatre semaines pour les nouveaux délégués, et par la formation continue des gens de terrain qui reviennent régulièrement faire le point à Genève.

Aux uns et aux autres, Ecogia offre ce qui manquait à Cartigny, c'est-à-dire un lieu d'échanges entre collaborateurs débutants et cadres confirmés. L'offre d'initiation va bénéficier des évaluations, analyses et autres réflexions menées au même endroit et en même temps par des hommes et des femmes disant leur propre vécu de l'action humanitaire.

Le CICR vise aussi une pluralité d'accueil. Ecogia, disent ses responsables, doit s'ouvrir à d'autres acteurs humanitaires et à d'autres organisations. En février, la collaboration avec des universités de Suisse, d'Irlande et des Etats-Unis a ainsi débouché sur un cours post-grade conclu par un diplôme en action humanitaire. Ce mois-ci verra également l'organisation d'un cours S.O.S., «Santé dans les opérations de secours».

Tout cela suppose des moyens de formation qui répondent aux réalités du terrain et aux besoins de l'action humanitaire. C'est l'autre défi d'Ecogia qui propose des outils techniques sophistiqués (réseau informatique, station de radio télécommunication, etc.), mais aussi... une cellule de prison, puisque les visites de prisonniers font partie de la mission du CICR.

Mais pas question pour l'organisation d'aller puiser dans les fonds destinés à l'action humanitaire. Le projet Ecogia - qui tourne aux alentours des 12 millions de francs suisses - a pu se concrétiser grâce à la Fondation qui gère à Genève les immeubles des organisations internationales, à une quinzaine de sponsors privés et à la commune de Versoix.

Le CICR, parallèlement, «décentralise» aussi sa formation puisqu'il a ouvert des centres à Colombo, Nairobi, Amman et Bogota, destinés principalement à ses quelque 8000 collaborateurs nationaux.

N'y voyez aucun paradoxe, nous explique-t-on: sans un centre comme Ecogia, il serait bien difficile d'imaginer une formation homogène. C'est vrai qu'au CICR, on aime dire que «le centre est autour».

Bernard Weissbrodt, Genève


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