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Les transports publics étaient à l'arrêt jeudi à Buenos Aires.

KEYSTONE/AP/NATACHA PISARENKO

(sda-ats)

Des incidents avec la police ont éclaté jeudi matin à Buenos Aires où des manifestants bloquaient un accès à la capitale. Le pays se réveillait en partie paralysé par la grève générale à l'appel des organisations syndicales.

Aucun vol national ou international n'était prévu jeudi en Argentine, où les transports publics étaient également à l'arrêt. Sur la route Panamericana, une des principales voies d'entrées à Buenos Aires, un nuage de gaz lacrymogène entourait les centaines de manifestants, selon les médias locaux. Le gouvernement de Mauricio Macri avait prévenu qu'il ne tolérerait aucun blocage de route.

Les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les manifestants, qui ont répondu par des jets de pierres au milieu des automobilistes. "Notre objectif est que les gens qui veulent aller travailler puissent le faire", a déclaré à des journalistes la ministre de la Sécurité Patricia Bullrich.

Recul du pouvoir d'achat

Elu en décembre 2015, le libéral Mauricio Macri avait promis de redresser un pays en pleine récession, mais ses choix économiques de plus en plus contestés ces derniers mois ont poussé à la multiplication des manifestations, notamment contre l'austérité prônée par le gouvernement.

Le PIB de la troisième économie d'Amérique latine a ainsi reculé de 2,3% en 2016 malgré une légère reprise en fin d'année (-0,2 % au 3e trimestre et +0,5% au 4e trimestre). Selon les chiffres officiels, un tiers des Argentins vit en-dessous du seuil de pauvreté alors que l'inflation annuelle a atteint 40% et que les augmentations de salaires n'ont pas suivi, provoquant une perte de pouvoir d'achat.

Autre mesure qui a durement affecté le porte-monnaie des Argentins, le gouvernement a remis en cause la politique de fortes subventions des factures de gaz, d'électricité et d'eau.

"Comportements mafieux"

Les trois principales organisations syndicales du pays ont lancé un appel à la grève générale, poussant M. Macri à parler "de comportements mafieux" qui "n'aident pas les travailleurs".

La grève de jeudi coïncide avec le Forum économique mondial (WEF) sur l'Amérique latine, qui débute jeudi et va attirer de nombreux leaders du monde des affaires et de la politique à Buenos Aires. Une manifestation était prévue en milieu de journée aux abords de l'hôtel qui accueille cet événement.

ATS

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