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Grogne contre la libéralisation du service public

Si la droite estime que Swisscom doit être gérée comme une entreprise, la gauche est d'un tout autre avis.

(Keystone)

Faut-il libérer Swisscom et La Poste de leur lien avec l'Etat? La question suscite la controverse en consultation. Tandis que les syndicats et les socialistes s'opposent à la libéralisation de Swisscom, l'économie et la droite affichent leur scepticisme à propos de la création d'une banque postale.

Les propositions du Conseil fédéral de libéraliser le service public ont reçu un accueil mitigé en consultation. Le gouvernement voudrait renforcer la position de l'ancienne régie des PTT et assurer des postes de travail en Suisse, tout en développant les prestations financières de La Poste. De son côté, Swisscom pourrait, avec l'accord du Conseil fédéral, conclure des partenariats.

De manière générale, l'économie et les partis bourgeois saluent la suppression de la participation majoritaire de la Confédération dans Swisscom SA. Cette entreprise a un besoin urgent de marge de manoeuvre entrepreneuriale. economiesuisse estime, en outre, que les recettes éventuelles provenant de la vente d'actions Swisscom devraient servir à réduire la dette fédérale.

Les syndicats sont d'un tout autre avis. Le Syndicat chrétien des services publics et du tertiaire, «transfair», estime en effet que c'est jouer avec le feu que d'abandonner la majorité des actions de la Confédération dans Swisscom. Pour le Syndicat de la communication, la perte prévisible de places de travail et de connaissances qui s'ensuivrait affaiblirait la place économique.

L'Union syndicale suisse (USS) et le Parti socialiste rejettent aussi l'abandon de la participation majoritaire de la Confédération dans Swisscom. En tant qu'entreprise de haute technologie et dans l'intérêt de la place industrielle et scientifique suisse, Swisscom doit rester une société contrôlée par la Confédération.

La controverse règne également autour de la question du développement des services financiers de La Poste. Presque tout les milieux consultés appellent de leurs voeux l'ouverture du marché postal suisse. La majorité estiment en effet que La Poste a besoin d'une marge de manoeuvre entrepreneuriale suffisante.

economiesuisse exige cependant qu'aucune subvention directe ne soit versée au monopole, afin d'éviter des discriminations concurrentielles. Une éventuelle banque postale devrait en outre être financée par des fonds privés et être séparée du point de vue organisationnel, juridique et financier du groupe Poste.

L'Association suisse des banquiers (ASB) rejette quant à elle le projet. Son succès commercial est trop incertain, tant du point de vue des coûts que de l'incertitude quant à la position qu'une telle banque pourrait atteindre sur la marché.

La Conférence des directeurs cantonaux des finances doute pour sa part de la nécessité d'avoir en Suisse une banque de petit crédit supplémentaire et de la rentabilité de celle-ci. Radicaux et Démocrates-chrétiens s'opposent également au projet.

A l'opposé, syndicats et socialistes soutiennent le projet, à certaines conditions toutefois. Le Syndicat de la communication espère ainsi que le financement de la banque postale pourra être assuré grâce aux recettes supplémentaires qu'elle générera.

L'USS estime que la banque devrait prendre la forme d'une société par actions, dont la majorité serait détenue par la Confédération. Le PS soulignent pour sa part que le service public serait affaibli sans participation majoritaire de la Confédération.

Le Conseil fédéral décidera de la suite de la procédure après avoir examiné les résultats de la consultation. Mais c'est le peuple et les cantons qui auront le dernier mot sur la privatisation de Swisscom et la création d'une banque postale, probablement en 2003.

swissinfo avec les agences

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