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Guéguerre humanitaire à Harvard

Le débat se déroule dans un climat exacerbé par les conditions de détention des prisonniers de Guantanamo.

(swissinfo.ch)

La conférence de Harvard sur le droit humanitaire est critiquée par les ONG. Non invitées aux débats, elles craignent une réécriture des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.

Mais pour l'organisateur suisse de ce 'brainstorming', il y a malentendu.

«Il s'agit de bâtir des réseaux de praticiens, de juges militaires, d'avocats pour mieux expliquer les Conventions», déclare à swissinfo Claude Bruderlein, organisateur de la conférence en tant que directeur du Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits à Harvard.

Pour lui, cette conférence qui s'est tenue de lundi à mercredi sur le prestigieux campus de Harvard marque le début d'un processus de réflexion sur l'application des Conventions de Genève. Cela dans un contexte marqué par l'émergence de groupes armés non-étatiques qui modifie la nature des conflits.

ONG et presse mises de côté

Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), l'heure est plutôt à l'irritation. Ainsi, Human Rights Watch déplore la mise à l'écart des ONG de ce processus.

«Nous sommes déçus de voir que le gouvernement suisse a insisté pour que les portes soient fermées», précise à swissinfo Kenneth Roth, le directeur de l'organisation humanitaire américaine.

Un point de vue réfuté par Claude Bruderlein. Ce dernier affirme que les ONG ont été consultées.

«Nous avons invité les ONG à faire des contributions écrites et à suggérer des experts indépendants, mais au lieu de ça, elles ont proposé des experts à elles», explique ce Suisse qui, avant de rejoindre Harvard, a travaillé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la représentation helvétique à l'ONU.

Claude Bruderlein reconnaît cependant que l'absence des ONG reflète les souhaits des 25 gouvernements qui participent au processus de Harvard

Sortir du syndrome Guantanamo

«Les experts des gouvernements ont demandé à ce que nous limitions la participation des ONG et l'implication de la presse», souligne Claude Bruderlein.

«Les experts des gouvernements voulaient un certain niveau de confidentialité afin de pouvoir débattre librement, sans avoir peur que leur débat ne se retrouve dans la presse ou ailleurs», explique-t-il.

Le débat en question et la polémique qu'il provoque interviennent dans un climat exacerbé depuis le début de la guerre contre le terrorisme et la détention d'individus capturés en Afghanistan sur l'île de Guantanamo.

Les Etats-Unis ne considèrent pas ces détenus comme des prisonniers de guerre. Le CICR n'est pas d'accord avec cette interprétation des Conventions de Genève. Et Human Rights Watch craint que la conférence de Harvard ne vise à réécrire le droit humanitaire international.

«C'est un malentendu incompréhensible», répond l'organisateur de la conférence. «Il y a au contraire consensus pour dire qu'on ne doit pas réviser les conventions», ajoute Claude Bruderlein.

Il précise qu'en plus des experts gouvernementaux, la conférence a réuni quatre experts du CICR, un représentant de l'ONU, des universitaires et douze experts indépendants. Claude Bruderlein invite aussi les ONG à «sortir du syndrome Guantanamo».

«Il ne faut pas seulement dire aux responsables américains qu'ils se trompent, mais il faut également dialoguer avec eux, réaffirmer le droit, le soutenir avec des arguments clairs», dit-il.

«Il ne faut pas perdre de vue que, certes, il y a des problèmes à Guantanamo, mais qu'il y en a beaucoup d'autres ailleurs dans le monde», souligne Claude Bruderlein en précisant que la délégation américaine à la conférence était constituée de deux experts du Département d'Etat et deux autres du Pentagone.

Le Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits de l'université de Harvard a été créé il y a trois ans, à l'initiative de Berne. Il emploie une trentaine de personnes.

La Suisse assure la moitié du budget à hauteur de 500 000 dollars par an, le reste étant financé en particulier par la Grande-Bretagne, la Norvège et le Canada.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom, Washington


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