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Guantanamo: la Croix-Rouge interpelle Washington

Les 660 détenus de Guantanamo reçoivent régulièrement la visite du CICR.

(Keystone)

Jakob Kellenberger doit s’entretenir jeudi et vendredi à Washington avec le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

Le patron du Comité international de la Croix Rouge (CICR) s’inquiète du sort des détenus de Guantanamo, qui n’ont toujours pas de statut juridique.

«Nous voulons obtenir des progrès sur le statut et le traitement de tous les prisonniers qui sont détenus au camp Delta de Guantanamo», explique Florian Westphal, porte-parole du CICR.

Pour mémoire, près de 660 personnes, suspectées d'avoir été membres des Taliban en Afghanistan ou de faire partie du réseau Al-Qaïda, sont détenues sur la base américaine à Cuba, certaines depuis deux ans.

«Nous n'avons pas vu de vrais progrès jusqu'ici, souligne le CICR. Que ces détenus soient considérés ou non comme des prisonniers de guerre, ils doivent bénéficier d'un statut juridique.»

La liste restera secrète

A Washington, on ne semble pas l’entendre de cette oreille. D'autant que, lundi dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a autorisé l’administration Bush à garder secrets les noms des personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête sur les attentats anti-amériacins du 11 septembre 2001.

D'ailleurs, comme le rapporte l’édition de mercredi du quotidien français Le Monde, William Taft a d'ores et déjà répondu par avance aux critiques du Comité international de la Croix-Rouge.

Dans une tribune parue dans le Financial Times, ce juriste du département d’Etat américain écrit notamment que le traitement des détenus de Guantanamo est «conforme aux normes en vigueur depuis des siècles sur le traitement des individus capturés en temps de guerre».

Quoi qu'il en soit, Washington ne reconnaît pas à ces détenus le statut de prisonniers de guerre. Et, pour l’heure, un seul d’entre eux, le Français Zacarias Moussaoui, a été formellement inculpé en relation avec les attentats du 11 septembre.

Rien n’a bougé depuis un an

Cela dit, la question du statut des détenus de Guantanamo n’est pas l'unique préoccupation du CICR.

Jakob Kellenberger doit en effet également aborder la question du traitement des prisonniers et celle de leurs conditions de détention. Le CICR s’inquiète notamment de la santé psychologique des détenus.

Florian Westphal rappelle que lors de sa précédente visite à Washington, en mai 2003, Jakob Kellenberger avait déjà demandé des «changements significatifs» et la «clarification rapide» du sort de ces détenus de Guantanamo.

Le CICR visite les prisonniers de Guantanamo depuis la création du camp, en janvier 2002, après l'intervention américaine en Afghanistan. Une nouvelle série de visites des délégués est prévue fin janvier. La précédente s'était terminée fin novembre.

Interrogé sur les chances de succès de la mission de son patron, Florian Westphal se montre plutôt optimiste.

Jakob Kellenberger a «des chances d’être entendu. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous poursuivons ce dialogue avec les autorités américaines».

Droit de visite à Saddam Hussein

Outre le secrétaire d'Etat Colin Powell, Jakob Kellenberger rencontrera notamment la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice.

L'occasion pour le patron du CICR de revenir sur la situation, en Afghanistan, en Irak, en Israël et dans les territoires palestiniens. Et, bien entendu, d'aborder l'épineuse question des visites Saddam Hussein.

Selon Florian Westphal, le fait que les Etats-Unis aient reconnu à l'ex-président irakien le statut de prisonnier de guerre la semaine dernière est «très important».

Et de préciser: «Cela permet de déterminer quel régime on doit lui appliquer, même si cela ne lui confère aucune immunité».

A Bagdad, le CICR est en discussions avec les autorités de la coalition irakienne en vue de la prochaine visite de ses délégués au dictateur déchu.

Florian Westphal est confiant, là aussi. J'espère, dit-il, «que nous pourrons bientôt avoir accès à Saddam Hussein».

swissinfo et les agences

En bref

- Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Suisse Jakob Kellenberger, est en visiste officielle à Washington les 15 et 16 janvier

- Il y rencontrera notamment le secrétaire d'Etat Colin Powell, pour discuter du statut des 660 prisonniers que les Américains détiennent, certains depuis janvier 2002, sur leur base de Guantanamo, à Cuba

- En tant que gardien des Conventions de Genève, le CICR visite les prisonniers et garantit un échange d'informations avec leurs familles

- Le but de cette visite est de débloquer la situation de ces prisonniers, toujours en attente d'un statut et d'un procès pénal

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