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Hôtellerie: l’espoir malgré la crise économique

Les hôteliers suisses ont accueilli moins de clients en 2009 que les années précédentes. Keystone

Après une année 2008 record, l’hôtellerie suisse a subi les effets de la crise économique en 2009, avec une diminution de près de 5% des nuitées. Mais le secteur estime avoir bien résisté aux aléas de la conjoncture, même si 2010 s’annonce encore en demi-teinte.

Ce contenu a été publié le 23 février 2010 - 17:43

Selon les chiffres rendus publics par l’Office fédéral de la statistique (OFS) mardi, le nombre de nuitées (35'588'893) a diminué de 4,7% en 2009 par rapport à l’année précédente, qui avait constitué le meilleur exercice depuis 1990. La chute a été particulièrement marquée au premier trimestre (-9,5%) alors qu’une embellie a été constatée dès le mois de juin.

«La plupart des régions ont subi une baisse des nuitées. Seule exception à la règle, la région de Bâle, où une hausse de 1,4% a été constatée», affirme Ernst Marti, un expert de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Bâle a en effet bénéficié des retombées d’une exposition à succès consacrée à Vincent Van Gogh. En règle générale, les villes s’en sont mieux sorties que les régions alpines. Les Grisons ont ainsi subi la baisse la plus importante (5,7%).

Guglielmo Brentel, président d’hotelleriesuisse, l’association faîtière des hôteliers suisses, estime que la crise économique, les incertitudes autour de la grippe porcine et un franc suisse fort sont autant de facteurs qui expliquent la baisse des nuitées enregistrée l’an dernier.

Mais Guglielmo Brentel affirme que la situation aurait pu être pire encore: «Il semble que l’hôtellerie a bien mieux résisté que d’autres secteurs tournés vers l’exportation, à l’instar de l’industrie des machines et de l’horlogerie, qui ont connu des pertes de près de 22%».

Les Britanniques boudent la Suisse

La crise a affecté les hôtes étrangers de manière très différente. La plus forte baisse a été enregistrée parmi les clients britanniques (-19%). Les touristes allemands ont également moins voyagé en Suisse que les années précédentes.

La plus forte hausse est à mettre à l’actif des touristes chinois (27%), même s’ils représentent toujours une part marginale du total des nuitées. De manière générale, la contraction a été plus marquée parmi la clientèle étrangère qu’indigène.

Pour Guglielmo Brentel, le secteur hôtelier doit continuer de travailler dans la même direction pour se sortir sans trop de mal de 2010. Cela signifie investir dans les infrastructures, le marketing et ne pas céder à la tentation de baisser trop les prix.

«Personne ne voyage en Suisse dans l’espoir de passer les vacances les moins chères de son existence. Il y a d’autres raisons qui poussent à venir en Suisse», souligne le patron d’hotelleriesuisse. «Je suis sûr que si nous mettons encore davantage en évidence la qualité de nos hôtels, la sécurité et la beauté de notre nature, le succès sera au rendez-vous».

«Pas vraiment dramatique»

Pour Suisse Tourisme, organe national de promotion touristique, la baisse de 4,7% enregistrée l’an dernier n’est pas «vraiment dramatique». «Les chiffres sont toujours solides, surtout si on les place dans une perspective à long-terme, estime Daniela Bär, responsable de la communication chez Suisse Tourisme. C’est le troisième meilleur résultat enregistré depuis 1994. Nous sommes donc toujours positionnés à un très haut niveau».

«En comparaison avec d’autres pays européens, qui ont tous connu des baisses importantes l’année dernière, la Suisse s’en sort très bien», ajoute-t-elle. L’hôtellerie a cependant pâti proportionnellement davantage de la crise que l'ensemble du secteur touristique. La baisse des nuitées s’est faite au profit des vacances au camping ou dans des maisons de vacances, des domaines où les résultats de 2008 ont pu être maintenus, voire même améliorés.

Malgré cela, Daniela Bär estime qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour le secteur hôtelier. «L’hôtellerie suisse est bien positionnée. Elle dispose de nombreuses offres spécialisées, comme les hôtels spa ‘wellness’ ou les hôtels familiaux, qui permettent de s’adresser à une clientèle spécifique».

Perspectives pour 2010

Le taux de change par rapport à l’euro demeure cependant un facteur primordial pour le secteur hôtelier. Daniela Bär espère que le taux de change va rester stable à un niveau psychologiquement favorable de 1,50 franc pour 1 euro. Dans le cas contraire, l’été 2010 sera difficile. Pas seulement parce que la Suisse sera plus chère pour les clients de la zone euro, mais aussi parce que les Suisses pourraient être tentés d’aller passer leurs vacances dans des pays voisins plus accessibles pour le porte-monnaie.

De manière générale, Daniela Bär se montre confiante pour 2010, notamment au vue des dernières tendances observées. Le dernier trimestre de 2009 a en effet enregistré une baisse de seulement 1% des nuitées.

Guglielmo Brentel estime quant à lui que 2010 sera encore une année difficile pour les hôtels suisses. Il pense que les villes, touchées moins durement par la crise que les régions périphériques, se remettront plus rapidement, notamment avec la tendance croissante observée pour des séjours de courte durée dans les villes. «Mais nous nous remettrons de la crise à partir de la fin de l’année. Je suis pratiquement persuadé que 2011 sera une meilleure cuvée que 2009/2010».

Isobel Leybold-Johnson, Zurich, swissinfo.ch
(Traduction de l’anglais: Samuel Jaberg)

1934-2009

L’Office fédéral de la statistique (OFS) tient des statistiques sur l’hôtellerie depuis 75 ans. Voici quelques uns des changements principaux enregistrés sur la période:

Le nombre d’hôtels a diminué de 29%, passant de 7756 à 5533. Mais le nombre de lits disponibles a augmenté de 35%.

Le nombre de nuitées a été multiplié par 2,5, passant de 14,3 millions en 1934 à 35,6 millions en 2009.

Les clients séjournent cependant pour une durée moins longue dans les hôtels: la moyenne se situe à 2,3 nuits en 2009, contre 4,2 nuits en 1934.

L’origine des clients s’est inversée: en 1934, 57% étaient Suisses et 43% étrangers. En 2009, 43% étaient Suisses, 57% étrangers.

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L’hôtellerie suisse

L’Association suisse des hôteliers (hotelleriesuisse) recense 3085 membres. La plupart d’entre eux sont des trois étoiles (1000), suivis par les établissements quatre puis deux étoiles.

Selon les estimations, 2229 hôtels classés par hotelleriesuisse ont généré 76% des nuitées totales en Suisse.

L’association a ses quartiers généraux à Berne, avec des succursales à Lausanne et Bellinzone. Elle emplois 108 personnes.

Le secteur hôtelier engendre un chiffre d’affaires annuel de plus de 9 milliards de francs suisses et emploie plus de 70'000 personnes à plein temps.

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