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Haro sur le Conseil d'administration de SAirGroup

(Keystone)

Enquête pénale à Zurich, refus de donner la décharge aux administrateurs, encart publicitaire dans la presse pour critiquer la stratégie passée du groupe. La pression sur les anciens dirigeants de Swissair s'intensifie. Même le Conseil fédéral envisage de ne pas approuver les comptes 2000. En Bourse, le titre a perdu 4,6%.

Le 25 avril, l'assemblée générale des actionnaires de SAirGroup sera pour le moins animée. Le Conseil d'administration de la compagnie aérienne helvétique est dans la ligne de mire de la justice, du Conseil fédéral et de nombreux actionnaires.

A Zurich, une enquête pénale a été ouverte mi-mars pour déterminer si les actifs et passifs ont été correctement inscrits au bilan et si les informations fournies sur la marche des affaires sont conformes à la réalité. Une plainte pour soupçons de faux renseignements et gestion déloyale a été déposée.

La débâcle du pôle français pourrait aussi avoir des suites judiciaires puisque le comité d'entreprise d'Air Littoral et un pilote d'AOM ont annoncé leur intention d'intenter une action devant les tribunaux.

Lors du week-end pascal, ce sont les conseillers fédéraux Pascal Couchepin et Moritz Leuenberger qui ont laissé entendre que le gouvernement pourrait refuser d'accorder la décharge aux anciens responsables de la compagnie.

La Confédération, qui détient 3% du capital de SAirGroup, est très critique mais elle tient à épargner Mario Corti, nouveau patron de la compagnie, qui faisait partie du Conseil d'administration seulement depuis début 2000.

Plusieurs actionnaires, dont les cantons de Vaud et de Genève, ont déjà fait savoir qu'ils voteraient contre les responsables de Swissair. Si la majorité des actionnaires suit cette voie le 25 avril, cela ouvrirait la porte pendant cinq ans à des actions en responsabilité civile envers les ex-administrateurs.

Tous les moyens sont bons pour critiquer les anciens patrons de la société. Le Grand Conseil du canton de Genève a fait paraître une publicité dans plusieurs journaux suisses et européens pour exprimer sa solidarité avec le personnel de Swissair qui «subit les contrecoups des théories néolibérales mises en œuvre par le Conseil d'administration du groupe».

Le Parlement genevois dénonce notamment les investissements à très hauts risques, le rachat de canards boiteux et les tentatives de contournement des lois européennes. «L'aventure totalement irréaliste d'entrer dans la cour des grandes compagnies aériennes est un échec cuisant», ajoute le texte.

En conséquence, le Grand Conseil de Genève demande aux actionnaires de «sanctionner cette politique pharaonique en refusant la décharge aux administrateurs de Swissair et d'engager une action en responsabilité». «Les responsables de ce désastre doivent répondre de leurs actes», conclut l'annonce.

En Bourse, l'action SAirGroup a une nouvelle fois piqué du nez mardi. Elle a perdu 4,6% à 113 francs. Loin du sommet de 322 francs atteint il y a environ un an.

Luigino Canal


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