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Hong Kong ne protège pas les animaux sauvages de la contrebande

Hong Kong représente près d'un cinquième des saisies mondiales d'ivoire réalisées ces dix dernières années (archives). KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE sda-ats

(Keystone-ATS) Les autorités hongkongaises doivent en faire davantage pour lutter contre le trafic d’animaux sauvages, ont déclaré lundi des associations de défense de l’environnement. Elles dénoncent le rôle disproportionné joué en la matière par l’ancienne colonie britannique.

Hong Kong est un territoire relativement petit, mais il représente environ un cinquième des saisies mondiales d’ivoire réalisées ces dix dernières années et près de la moitié celles de pangolins, selon une étude du Hong Kong Wildlife Trade Working Group (HKWTWG), une coalition d’associations.

Mais le trafic d’espèces sauvages n’est pas réprimé par la législation contre le crime organisé, qui vise le trafic de drogue ou les triades, des associations mafieuses. Les amendes infligées aux quelques contrebandiers qui se font arrêter sont rarement très élevées.

“Les effectifs et les enquêtes de la police en matière de criminalité liée aux espèces sauvages sont insuffisants”, a expliqué Amanda Witfort, professeur à la Faculté de droit de Hong Kong, l’une des auteurs du rapport. “La loi hongkongaise ne juge pas que le trafic d’animaux sauvages relève de la grande criminalité”.

Pour leur rapport, l’une des analyses les plus précises sur la contrebande d’animaux dans la ville revenue en 1997 dans le giron chinois, les chercheurs ont analysé 379 saisies au travers des poursuites judiciaires initiées par le gouvernement, de procès, d’informations de presse et d’études d’ONG entre janvier 2013 et décembre 2017.

Que la pointe de l’iceberg

Depuis 2013, sur la base des saisies d’organes des trois principales espèces concernées, les chercheurs considèrent que 3000 éléphants, 65’000 pangolins et 51 rhinocéros ont été tués par les trafiquants.

Mais les chiffres réels d’animaux trafiqués pourraient être entre cinq et dix fois supérieurs à celui des saisies, préviennent les auteurs de l’étude.

Hong Kong a longtemps joué le rôle de sas d’entrée pour la Chine continentale où la demande en organes d’espèces en danger est énorme. Selon les douanes hongkongaises, le trafic a augmenté de 1600% en valeur ces dix dernières années. Le nombre d’espèces en danger victimes de contrebande a grimpé de 57%.

Ces cinq dernières années, les trafiquants ont été condamnés à des peines allant de travaux d’intérêt général à huit mois de prison et à des amendes entre 1500 et 180’000 dollars de Hong Kong (168 à 20’000 euros), ce qui est bien inférieur aux sanctions prévues.

Fin 2017, la Chine a interdit les ventes d’ivoire, Hong Kong décidant un an plus tard de les abolir progressivement jusqu’en 2021. Hong Kong a récemment durci les peines encourues pour contrebande d’animaux sauvages à 10 ans de prison et 10 millions de dollars hongkongais d’amende.

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