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Indémodable marivaudage!

Marivaux façon Hopper grâce à Bondy?

La séduction est un art. Du 18ème siècle à nos jours, les manières d'appâter l'être désiré ont-elles changé? Le Suisse Luc Bondy y répond à sa façon dans «La Seconde surprise de l'amour» de Marivaux. Un spectacle à l'affiche de Vidy-Lausanne, avant Neuchâtel.

L'amour, rebelle à tous les conformismes, ne vieillit jamais. Au cinéma, à la télé ou au théâtre, il garde toujours une fraîcheur amusante, si bien sûr on l'attaque du bon côté. C'est à dire du côté ludique quand masques et stratagèmes restent à fleur de peau et de cœur.

Luc Bondy le sait bien qui, dans son dernier spectacle «La Seconde surprise de l'amour», fait glisser la pièce de Marivaux sur les rails du temps pour la poser délicatement dans notre présent.

Et cela réussit très bien à la comédie des sentiments qui depuis la nuit des temps use du déguisement. Lâcheté et mensonges sont donc toujours au rendez-vous, le cœur toujours fluctuant et le marivaudage toujours de mise.

Une modernité froide et métallique

A ce niveau, depuis Marivaux rien n'a changé. Ce qui change, selon Bondy, c'est le décorum: une manière d'être, de se tenir, de pleurer ou de rire. Exit donc le cérémonial courtois du 18e siècle. Exit aussi l'atmosphère classique des salons bourgeois marivaudiens. Et place à une modernité froide et métallique qui a ici pour cadre deux petites maisons aux lignes épurées, posées sur une passerelle, façon Edward Hopper.

Deux habitacles donc pour deux cœurs en peine: celui d'une jeune marquise, veuve éplorée, et celui d'un Chevalier lui aussi esseulé, sa fiancée lui ayant préféré la solitude d'un couvent.

Blessés, ces deux-là se regardent d'abord comme chiens de faïence, avant de voir dans la flamme qui les anime le début d'un amour brûlant.

Silhouette de top models

Leurs stratégies de séduction sont ici délestées du poids des afféteries aristocratiques et mondaines. Côté corps, leur silhouette est celle des tops models. Minces, grands, bien sapés, hyper branchés. Côté cœur, leur chagrin est tapageur et leur joie capricieuse.

De Marivaux, ils ne gardent que les mots. Car les codes de conduite, Luc Bondy est allé les chercher dans les telenovellas et les sitcom américaines qui inondent aujourd'hui le petit écran avec des histoires d'amour à l'impertinence formatée.

C'est dans cet univers à la beauté lisse et truquée que le metteur en scène a placé son spectacle. Il a eu raison. Car au fond ce qui a changé depuis Marivaux, ce n'est pas l'amour, toujours intrigant, mais son mode d'expression aujourd'hui arrogant.

swissinfo, Ghania Adamo

INFOS PRATIQUES

«La Seconde surprise de l'amour de Marivaux, à voir au Théâtre de Vidy-Lausanne, jusqu'au 3 mai. Et au Théâtre du Passage, Neuchâtel, les 10 et 11 mai.

Mise en scène Luc Bondy.

Avec notamment Pascal Bongard, Roger Jendly, Audrey Bonnet et Clotilde Hesme.

Ce spectacle est coproduit par la France et la Suisse, entre autres. Il est nominé 5 fois pour les Molières 2008.

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LUC BONDY

Metteur en scène suisse, né à Zurich en 1948.

Il passe une partie de son adolescence en France et s'installe en 1969 à Hambourg où il monte plusieurs pièces du répertoire contemporain et classique.

Plus tard, il travaille à la Schaubühne de Berlin qu'il codirige de 1985 à 1987.

Il signe également des mises en scène d'opéra et réalise pour le cinéma deux longs métrages.

Sa carrière se poursuit de Berlin à Bruxelles, de Salzbourg à Lausanne et Paris.

Actuellement, il est à la tête des Wiener Festwochen (Festival de Vienne) et vient de publier chez Christian Bourgois son dernier livre «Mes dibbouks».

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