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Irak: les Américains ne viendront pas à Genève

Vendredi déjà, Micheline Calmy-Rey avait annoncé la probable défection américaine.

(Keystone Archive)

Les Etats-Unis ont finalement décliné l'invitation de la Suisse à une rencontre humanitaire sur l'Irak.

La cheffe de la diplomatie helvétique Micheline Calmy-Rey fait bonne figure à mauvais jeu. Elle persiste. Et, à en croire un sondage publié dans Dimanche.ch, 80% des Suisses la soutiennent.

Washington confirme

«Les Etats-Unis ont décidé de ne pas prendre part à la réunion de Genève. Nous en avons informé le gouvernement suisse».

C'est en ces termes plutôt secs que la réponse a été transmise par Amanda Batt, porte-parole du Secrétariat d'Etat américain.

Donnée par la NZZ am Sonntag, l'information n'est ni confirmée ni infirmée par le porte-parole du Département des Affaires étrangères (DFAE).

Le ministère, dit Simon Hubacher, «n'est pas en mesure de confirmer» l'absence des Etats-Unis à la réunion d'experts sur l'Irak.

En revanche, contacté dimanche par swissinfo, le Département d'Etat confirme l'information de la NZZ am Sonntag.

En clair, Washington a bel et bien répondu par la négative à l'invitation des Suisses.

Cela dit, ajoute le porte-parole du département d'Etat Louis Fintor, nous nous réjouissons de collaborer avec la Suisse et les autres parties concernées dans le cadres de l'ONU.

En fait, le Département d'Etat américain ne voit pas vraiment l'utilité d'une telle réunion humanitaire sur l'Irak, d'autant plus que plusieurs agences spécialisées de l'ONU ont déjà préparé des plans.

Nous pensons, confie Louis Finto à swissinfo, qu'il vaudrait mieux répondre à l'appel que ces agences ont lancé.

A Berne, la cheffe du département fait bonne figure à mauvais jeu. Et elle assume ses responsabilités.

«Nous savions que notre volonté de visibilité allait nous faire prendre des risques et nous obliger à expliquer publiquement quelles options sont retenues ou écartées, déclare Micheline Calmy-Rey dans une interview publiée par Le Matin dimanche. Je maintiens qu'il s'agit de la bonne méthode dans une telle crise.»

La nouvelle cheffe de la diplomatie suisse avait annoncé l'organisation de la rencontre humanitaire des 15 et 16 février avant même l'envoi des invitations formelles aux participants. Et, plus gênant, avant même d'en avoir parlé avec ses collègues du gouvernement, suscitant des critiques dans le camp bourgeois.

Sur ce point, Mme Calmy-Rey fait son mea culpa. Elle reconnaît qu'elle aurait pu mieux informer ses collègues. «Mais, dit-elle, globalement, la collaboration se passe bien et, surtout, nous partageons la position de la Suisse sur cette crise irakienne.»

«Je me suis mise en danger»

«J'ai conscience que je me suis mise en danger politiquement. Mais je l'assume, je ne me cache pas derrière l'administration. Je comprends toutefois que mes collègues aient peur de me voir prendre des risques et qu'ils m'incitent à la prudence.»

Entre-temps, Berne a en effet dû renoncer à inviter l'Irak. De leur côté, les Etats-Unis ont définitivement décliné l'invitation. Pour autant, pour Micheline Calmy-Rey, la Suisse n'a pas perdu de crédibilité internationale avec l'annonce jugée «précipitée» et «risquée» de la rencontre de Genève.

«Au contraire, ajoute-t-elle, la position humanitaire de la Suisse a gagné en impact, au sein du monde diplomatique et jusque sur les écrans de télévision américains, anglais ou français. Le fait que nous irritions les uns ou les autres n'est pas négatif. Nous avons même le devoir de continuer.»

Un soutien populaire

Et, selon un sondage publié par dimanche.ch, elle est soutenue dans son action. En effet, 53 % des Suisses approuveraient le style de «diplomatie publique» revendiqué par la nouvelle élue.

Selon cette enquête Isopublic réalisée la semaine dernière sur un échantillon de 607 personnes, l'idée d'organiser une conférence humanitaire à Genève sur l'Irak est même plébiscitée par 80 % des personnes interrogées.

«Je suis contente de voir que les Suisses partagent les valeurs humanitaires», réagit Micheline Calmy-Rey dans les colonne de Dimanche.ch.

D'autre part elle ne craint pas la critique. «J'écoute, bien sûr, les conseils des uns et des autres. Mais j'essaie de regarder devant moi et de ne pas trop me laisser arrêter par les critiques».

swissinfo et les agences


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