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Istanbul: «On a pris notre revanche»

A Istanbul, concentration, émotion et joie mêlées!

(swissinfo.ch)

A Istanbul, la victoire contre l'équipe de Suisse avait un goût de revanche mercredi soir pour les supporters turcs. Une revanche prise toutefois dans une ambiance bon enfant.

Sur la scène de l'Arena, située sur les bords du Bosphore, la foule exulte. Là où habituellement se relaient les chanteurs vedettes turcs et les stars de la pop internationale, quatre écrans géants ont été exceptionnellement installés pour suivre la «petite finale» entre la Turquie et la Suisse.

Et voilà qu'à la 3ème minute du temps additionnel, Arda Turan, en sauveur, envoie le ballon au fond des cages suisses. Quelques minutes auparavant, les quelques centaines de personnes venues assister au match au pied du pont qui enjambe le Bosphore, s'étaient levées d'un seul bloc, sentant venir l'attaque décisive. La dernière possible. La plus prometteuse. Avant l'explosion de joie. Les drapeaux rouges frappés du croissant et de l'étoile se mettent à virevolter de toute part, certains spectateurs se lancent dans une bataille de coussins!

«On a pris notre revanche par rapport à la qualification pour la coupe du monde de 2006» s'écrient en chœur Baris et Ozgur. Ces deux amis sont venus spécialement d'Ankara, la capitale pour assister à ce match, sur les rives du Bosphore. «On n'a rien contre les Suisses, mais cette victoire nous fait chaud au cœur. On a fait un très beau match. Bravo Arda!»

Mauvais début

Le match avait pourtant mal commencé pour les Turcs. Dans un grand hôtel stambouliote, au cœur du quartier d'affaire de Levent, les invités du consulat de Suisse ont savouré le premier but, helvète celui-ci, marqué à la 32ème minute par Hakan Yakin, d'origine turque.

Marquer le premier but, bien sûr, cela a rassuré l'assemblée réunie par le consul de Suisse. Toutefois, l'enthousiasme était mitigé côté suisse. A l'image de Hubert, originaire de Lucerne. «Ce but n'était pas très beau», concède cet homme d'affaire spécialisé dans le textile. «On a été chanceux».

A une autre table, Rolf Sutter, l'un des rares Suisses de l'assistance à porter un maillot rouge, tempère lui aussi son enthousiasme. «Je suis réaliste, je pense que nous allons faire égalité, 1 but partout». Une bière à la main, regardant le match entre deux bouchées de viande des Grisons et une saucisse servies par des serveurs en costumes cravates, il nargue toutefois son amie, Lamia, une Turque, assise à ses côtés.

A peine le premier but marqué par Yakin, Lamia fait en effet la grimace. Son pronostic, 1 à 0 pour la Turquie, prend du plomb dans l'aile. Rien ne va plus pour les Turcs. Sans parler du ciel qui semble prêt à leur tomber sur la tête.

Depuis quelques minutes, en effet, des trombes d'eau s'abattent sur le Parc St Jacques, à Bâle, mouillant dans le même temps les espoirs des spectateurs turcs. Sur l'écran géant, Fatih Terim, l'entraîneur de l'équipe nationale, apparaît le visage tendu et la chemise ouverte jusqu'au torse, lui aussi peu rassuré par les caprices du ciel.

«La pluie va avantager la Suisse», analyse Ozcan, un agent du consulat, en costume cravate. «Nous, on préfère la chaleur, tandis que les Suisses sont habitués aux terrains détrempés». Un soupir et Ozcan l'admet: «Cela va être dur pour nous, même si dans le stade, nous avons autant de supporters que les Suisses!»

«C'est du passé!»

Dans l'assemblée, réunie par le consul, lors de cette première mi-temps, on évite d'évoquer les événements de novembre 2005, de l'agression et de la blessure de Stephane Grichting, dans les vestiaires d'Istanbul, et des sanctions imposées par l'UEFA à la Turquie. «C'est du passé», rigole Ozcan. «On va se comporter en gentlemen ce soir. Cela va être un festival de football, je le promets».

A l'Arena, sur les bords du Bosphore, dans une ambiance pourtant turco-turque, cet avis est également partagé. «De quels événement parlez-vous?» questionne Haluk, un quadragénaire, installé dans la foule, le regard rivé sur l'écran géant. Et pas question pour lui de mettre en cause Fatih Terim, l'entraîneur national, agressif et coléreux, à l'origine des événements de 2005. «Il n'y a rien à dire sur lui. Il est simplement le meilleur», ajoute Haluk.

La victoire de l'équipe nationale sur la Suisse ne devrait que renforcer d'ailleurs encore un peu plus le prestige de Fatih Terim auprès des Turcs.

A peine le coup de sifflet final retenti, la foule installée sur les bords du Bosphore, se disperse rapidement. Dans la rue, les embouteillages ont repris, les taxis hèlent les badauds tandis que les supporters se mettent en branlent.

Dans ce quartier chic de la ville, les voitures décapotables se sont transformées en l'espace de quelques minutes en porte-drapeau du pays. Si la Turquie n'est pas encore qualifiée pour les quarts de finale, elle s'en rapproche. Istanbul se met à danser, au rythme des klaxons. Ici, c'est l'euphorie des grands jours.

swissinfo, Jeanne Tulliers à Istanbul

Les événements de 2005

Appelées à jouer leur place au Mondial 2006 en Allemagne sur deux matches de barrage, la Suisse et la Turquie s'étaient affrontées à Berne et à Istanbul. Les deux rencontres avaient été entourées de nombreux problèmes.

Lors du match aller à Berne, l'hymne national turc avait été sifflé. Au retour à Istanbul dans un stade surchauffé, les Suisses avaient été physiquement agressés jusque dans les vestiaires après le match.

Des joueurs des deux équipes ainsi que des officiels avaient été sanctionnés par la FIFA.

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La Turquie, le Mondial et l'Euro

Lors des qualifications de l'Euro 2008, la Turquie a terminé seconde de son groupe derrière la Grèce (championne d'Europe en titre).

Comme la Suisse la Turquie a disputé son premier en 1996 en Angleterre. Egalement éliminée après 3 matches, la Turquie a cependant réussi à se qualifier quatre ans plus tard pour la compétition qui se déroulait en Belgique et en Hollande.

Là, elle avait réussi à se sortir d'un groupe comprenant l'Italie, la Suède et la Belgique mais avait perdu en quarts de finale contre le Portugal (2-0).

La Turquie a disputé deux phases finales de Coupe du monde: la première en 1954 en Suisse et la seconde en 2002 où elle a terminé troisième.

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