Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Jésus et Pilate racontent

Eric-Emmanuel Schmitt, de la scène à la Cène

(swissinfo.ch)

Depuis quelques temps, les relectures de la vie de Jésus foisonnent... Parmi celles-ci, «L'Evangile selon Pilate» le roman qu'a publié l'automne dernier l'auteur français Eric-Emmanuel Schmitt.

D'ici quelques jours paraîtra «L'Enigme», de l'essayiste et romancier suisse Etienne Barilier. Une relecture de l'histoire de Jésus, qui s'ajoutera à d'autres publications récentes sur le même thème.

Ainsi «L'Evangile selon Pilate», de l'auteur dramatique Eric-Emmanuel Schmitt, à qui l'on doit notamment «Le visiteur», «Variations énigmatiques», «Le Libertin», «Frédérick ou le Boulevard du crime», ou «L'hôtel des deux mondes»...

«L'Evangile selon Pilate» est construit en deux parties. Dans la première, Jésus, dans les instants qui précèdent son arrestation au Jardin des Oliviers, réfléchit à sa trajectoire, et se demande comment il en arrivé là... Dans la deuxième, les lettres que Pilate écrit à son frère Titus relatent la mort de Jésus, et surtout son après-mort, avec les bruits, les témoignages ou les rumeurs qu'elle a suscitées. Dans les deux cas, Jésus comme Pilate parlent à la première personne. Pari ambitieux.

Pari ambitieux, et intéressant. Même si Eric-Emmanuel Schmitt se permet un certain nombre de facilités (Jésus enfant ayant la révélation de l'amour, au sens chrétien du terme... L'explication de la grâce offerte à Barabas par la population de Jérusalem), sa démarche offre un bel éclairage, éminemment subjectif bien entendu, sur l'affaire J-C.

Par le récit de Jésus, Schmitt donne une remarquable cohérence humaine à la vie de celui-ci, cohérence qui manque parfois furieusement dans les textes saints. Et par les lettres de Pilate, il nous dévoile le cheminement d'un strict rationaliste que le doute va progressivement saisir...

«Je voulais parler avec liberté de cette histoire de Jésus, qui continue à me donner à penser, à réfléchir, et je dirais même à croire», explique Eric-Emmanuel Schmitt. Et effectivement, même s'il s'amuse à humaniser la plupart des miracles, le «fatras spectaculaire» comme il dit, c'est bien sur une vision mystique du Christ qu'il débouche.

Jésus semble donc redevenu un personnage sur lequel les artistes s'interrogent. «Il y a toujours eu des lectures du christianisme, mais cela s'appelait des hérésies, souvent», précise l'auteur.

«Mais je crois qu'aujourd'hui, Jésus n'appartient plus aux Eglises. Parce que les Eglises ont perdu de leur poids dans nos sociétés. Et peut-être que renouveler la Parole, rafraîchir cette histoire et voir en quoi elle a un sens dans notre monde contemporain, c'est aussi la tâche des romanciers, des essayistes, des philosophes, des cinéastes... Cela montre la pérennité de cette histoire, le fait qu'elle nous dit des choses qu'elle n'avait pas dit aux époques précédentes».

Bernard Léchot

«L'Evangile selon Pilate», d'Eric-Emmanuel Schmitt est publié chez Albin Michel


Liens

×