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Jeune entrepreneur Adrian, un exemple pour les apprentis albanais

Adrian (à droite) et son collègue Elvin posent devant le nouveau centre de fitness de Lushnja.

(swissinfo.ch)

De nombreux Albanais n’ont pas de réelle formation professionnelle de base. Ils sont contraints de se tourner vers des emplois mal payés ou de pointer au chômage. Adrian, 26 ans, s’est affranchi de cette fatalité pour monter sa propre entreprise à succès.

Avec son collègue Elvin, Adrian s’affaire autour d’épais tuyaux. Les deux hommes contrôlent les joints et les filtres de la nouvelle piscine de Lushnja, qui fait partie du nouveau complexe de remise en forme de la ville. Avant le coup d’envoi de la saison estivale, le travail ne manque pas.

Agés respectivement de 26 et 23 ans, Adrian et Elvin exercent le métier de mécaniciens spécialisés dans la plomberie, le chauffage et la climatisation. Il y a quelques années, ils ont terminé leur cursus à l’école professionnelle de Lushnja, soutenue financièrement par l’organisation d’entraide Swisscontact. Depuis lors, les deux compères sont indépendants et travaillent parfois ensemble, selon le volume des commandes. Ne disposant pas d’un atelier, Elvin a toujours ses outils à portée de main dans sa voiture.

Adrian partage quant à lui ses locaux avec un collègue, ce qui lui permet d’économiser sur le loyer. Un ami à lui surveille le magasin, vend des articles de plomberie et s’occupe des commandes.

Une économie très informelle

En raison de la crise de l’euro qui frappe ses principaux partenaires économiques, à savoir la Grèce et l’Italie, l’Albanie a connu un ralentissement de sa croissance ces dernières années.

Le taux de chômage atteignait, selon le bureau national des statistiques, l’INSTAT, 14% en 2012. Un chiffre très important compte tenu du poids de l’économie informelle, qui composerait selon le FMI près de 60% du PIB albanais.

Le taux de chômage des jeunes est estimé entre 30 et 50%. En 2012, le PIB par habitant atteignait 3000 euros. Le salaire minimum légal est d’environ 150 euros par mois.

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«J’aime mon travail»

En décrochant ce gros contrat il y a deux ans, Adrian a eu de la chance. C’est lui qui s’est occupé de toutes les installations du nouveau fitness. Il est désormais responsable de l’entretien de l’ensemble du complexe. «Je dois toujours être disponible pour résoudre d’éventuels problèmes». Lorsqu’il répare par exemple une pompe, il est payé à l’heure. Pour les installations plus importantes, la rémunération se fait au mois.

A l’âge de 14 ans, Adrian réparait déjà tout à la maison. «Tu es prédestiné à devenir plombier», lui disait son père. Et parce qu’en Albanie on ne conteste pas la figure paternelle, il en fut donc ainsi. Mais Adrian n’a jamais regretté ce choix professionnel: «Ce job me plait, j’aime mon travail».

En deuxième année d’apprentissage déjà, il a commencé à travailler avec son professeur Niko Nikolla sur des mandats privés. «Après l’école, je ne rentrais pas à la maison comme mes camarades, mais je me rendais au travail. C’est ainsi que j’ai acquis la pratique du métier. Cela m’a aussi permis de connaître beaucoup de monde».

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Les vacances sont rares

«Adrian est désormais meilleur que moi dans son travail», loue son professeur. «En théorie, il ne faisait pas partie des meilleurs élèves, mais dans la pratique, il fut certainement l’un des meilleurs apprentis que j’ai accompagnés durant ma carrière. Adrian était très curieux et assoiffé de connaissances.»

Depuis 2005, Adrian est travailleur indépendant. Il s’est bâti un solide réseau de clients. «En ville, on me considère comme un bon professionnel et comme quelqu’un de sérieux», dit-il. En été, il s’occupe principalement de l’entretien du centre de fitness. Le jeune homme ne peut pas se plaindre des commandes. «Le matin, je quitte la maison les poches vides et le soir je suis très satisfait de ce que je ramène à la maison», dit-il fièrement. «J’ai déjà pu acheter ma troisième voiture».

Son entreprise se porte si bien que cela ne lui laisse plus beaucoup de temps libre. «Il arrive parfois que je travaille sept jours par semaine». L’année dernière, il n’a pris que cinq jours de vacances. Avec des amis, il s’est rendu en bord de mer, près de Lushnja.

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Le poids des traditions

Adrian travaille toujours en étroite collaboration avec Niko Nikolla. Lorsqu’il est appelé sur de grands projets, il le signale à son ancien professeur, qui lui adjoint quelques apprentis, ce qui leur permet à leur tour d’acquérir de l’expérience. «Une situation de gagnant-gagnant», estime-t-il. Le jeune homme de Lushnja encourage également d’autres entreprises à embaucher des stagiaires. Il enseignerait volontiers au sein de son ancienne école, «mais ce n’est pas possible car la procédure bureaucratique est trop compliquée».

Adrian n’a encore jamais quitté l’Albanie. «Je voudrais bien une fois visiter l’Italie, ou travailler pendant un certain temps en Allemagne ou en Suisse». Son avenir professionnel, il le voit cependant à Lushnja. Si tout continue à rouler pour lui, il entend agrandir son entreprise et engager des collègues, qu’il n’emploie pour l’heure que sur appel. «Je veux avoir une équipe expérimentée autour de moi».

Célibataire, il souhaite également un jour fonder une famille. «A 30 ans, je veux me marier et avoir trois enfants, deux garçons et une fille». Aujourd’hui, il vit encore chez ses parents. En tant que benjamin de trois frères, c’est à lui qu’il revient de s’en occuper, comme le veut la tradition en Albanie.

Engagement de la Suisse

La Suisse mène des programmes dans 17 des 41 écoles professionnelles albanaises. Elle est, avec l’Allemagne, l’Autriche et l’UE, un des acteurs majeurs de la formation professionnelle en Albanie.

Le projet helvétique suisse AlbVet est destiné à former des spécialistes en informatique, des chauffagistes, des installateurs sanitaires mais aussi des boulangers et des coiffeurs. La Suisse a investi 3,1 millions de francs dans ce programme sur la période 2007-2014.

En collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation internationale du travail (OIT) et des représentants locaux, la Suisse a également mis en place un projet dénommé TEP.

L’objectif de TEP est de générer des emplois dans le secteur privé dans le nord de l’Albanie (Shkodra, Kukës, Lezhë), où le chômage des jeunes est particulièrement élevé.

Des acteurs privés et publics sont appelés à chercher des solutions pour intégrer les jeunes sur le marché du travail .

La DDC est active en Albanie depuis 1997. Dans le cadre de leur stratégie 2010-2013, la DDC et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) investissent chaque année 13 millions de francs dans des projets en Albanie.

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de retour d’Albanie, swissinfo.ch

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