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Joseph Deiss en Turquie: mission accomplie

Au terme de sa visite de trois jours en Turquie, Joseph Deiss estime que les relations entre Berne et Ankara sont remises sur les rails. C'était la première visite officielle d'un chef de la diplomatie suisse dans ce pays depuis près de neuf ans.

Ce contenu a été publié le 22 février 2000 - 18:43

Au terme de sa visite de trois jours en Turquie, le conseiller fédéral estime que les relations entre Berne et Ankara sont remises sur les rails. C'était en effet la première visite officielle d'un chef de la diplomatie helvétique sur les bords du Bosphore depuis près de neuf ans.

«Les relations entre la Suisse et la Turquie entrent dans une nouvelle ère» a déclaré le ministre suisse à Istanbul, à l’issue de sa visite. A la différence de son prédécesseur Flavio Cotti, resté très choqué par la fusillade de Berne en 1993 – il venait tout juste de prendre la tête du Département fédéral des affaires étrangères - Joseph Deiss a accepté de rompre la glace et de faire le voyage d’Ankara.

Objectif déclaré: saluer «un changement positif des autorités turques dans la façon de parler et de gérer ces questions des Droits de l’Homme» a déclaré Joseph Deiss qui n’a d’ailleurs pas souhaité se prononcer «faute d’informations» sur la toute récente arrestation des maires de Diyarbakir, Bingol et Siirt, membres du Parti de la démocratie du peuple (Hadep), accusés de soutenir le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit en Turquie.

Malgré la crise de 1993, la Suisse est le 8ème investisseur en Turquie et les «relations économiques ne se sont jamais arrêtées» rappelait Joseph Deiss, qui n’était pourtant pas accompagné d’hommes d’affaires.

Autre sujet abordé avec ses homologues turcs: la très controversée construction du barrage d’Ilisu, sur le Tigre, au sud-est du pays. Un énorme chantier, auquel doivent participer entre autres ABB et Sulzer, et à l’issue duquel plusieurs villages kurdes et l’exceptionnel site archéologique d’Hasankeyf seront noyés. Dans l’espoir de calmer les controverses, Ankara et Berne auraient rédigé une lettre de garanties mutuelles sur «la conduite des travaux et les transferts de population».

Sans doute la reconnaissance, en décembre, par l’Union européenne de la Turquie comme candidat officiel a-t-elle facilité la visite de Joseph Deiss, ce dernier semblant très soucieux de mettre enfin les relations diplomatiques entre les deux pays au diapason des excellentes relations économiques.

La fusillade de Berne, en 1993, qui avait causé la mort d’un manifestant kurde appartient «au passé», a-t-il même précisé. Et, toujours selon Joseph Deiss, il n’est plus à l’ordre du jour du Conseil fédéral de retrouver et de faire juger l’auteur présumé de ce meurtre perpétré à partir de l’Ambassade de Turquie. Auteur présumé dont l’identité circule pourtant presque ouvertement en Turquie.

Ariane Bonzon, Istanbul

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