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Kahn cartonne à Cannes

Photo tirée du site Diaphana

Appréhender la violence par les faits et tenter de la peindre à la manière de James Ellroy, tel est le pari (gagné) par le cinéaste français Cédric Kahn avec «Roberto Succo», en compétition lundi soir pour la France (film co-produit par Vega-Films, Zurich et la Télévision Suisse Romande).

Histoire d'amour, thriller, film documentaire et biographie recomposée, le cinquième film de Cédric Kahn, lauréat du Prix Delluc pour «L'ennui», d'après Moravia, réunit tous les genres.

C'est un grand metteur en scène que révèle ce long métrage inspiré de l'enquête conduite par Pascale Froment, «Je te tue, histoire vraie de Roberto Succo», œuvre centrée sur la folie du personnage qu'incarne avec une tragique authenticité un acteur italien non professionnel, Steffano Cassetti.

Fallait-il diaboliser ou, au contraire, faire de Roberto Succo un héros? Cédric Kahn évite le piège et, s'en tenant à la chronologie des faits, permet au spectateur de ressentir ce qui a pu se passer avant les meurtres commis par Roberto Succo. Qui, dans les années 80, assassine ses parents à Mestre, près de Venise.

Interné dans une prison psychiatrique, Roberto Succo, en permission, n'y reviendra pas. Il prend la route où il retient en otage une jeune institutrice - Viaviana Aliberti, remarquable - avant de retourner en Italie. Sa cavale est jalonnée de meurtres gratuits.

Arrêté, il choisira la mort, en cellule, après avoir réussi à gagner le toit de sa prison. Survolé par un hélicoptère, il s'écrie: «Salut, papa». L'une des plus belles scènes de ce film au tournage particulièrement éprouvant. A Berne, notamment, où deux semaines de travail ont été nécessaires pour le tournage d'une course-poursuite d'une dizaine de minutes à l'écran.

Patrick Ferla, Cannes


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