Kloten: les fronts se durcissent entre la Suisse et l'Allemagne

On commence à parler de sanctions, en cas d’échec des négociations. Keystone

L'aéroport de Zurich présente ce mardi son bilan annuel, alors que les incertitudes s'accumulent. A l'avenir de SAirGroup vient en effet s'ajouter la question du renouvellement des arrangements qui permettent aux vols d'approche de Kloten de survoler l'Allemagne du Sud.

Ce contenu a été publié le 26 mars 2001 - 17:57

Berne et Berlin n'ont plus que deux mois pour parvenir à un accord sur le survol du territoire allemand par les avions à destination de l'aéroport de Zurich. L'Allemagne avait, le printemps passé, dénoncé pour fin mai 2001 ce traité qui date de 1984. Depuis, elle a précisé ses revendications: une limitation annuelle à 80 000 vols, des restrictions le soir et le week-end.

Les négociations sont pourtant, depuis des mois, au point mort. Un blocage dont le ministre allemand des Transports, Kurt Bodewig, rejette la responsabilité principale sur la Suisse, dans une interview parue ce lundi dans le quotidien Basler Zeitung.

Il faut de la part des Suisses, explique t-il, «une réceptivité nettement plus grande à nos intérêts». C'est-à-dire la protection des habitants de la zone frontalière, face aux nuisances de Kloten.

On commence même à parler de sanctions, en cas d'échec des négociations. Dimanche, la SonntagsZeitung annonçait que les autorités allemandes se préparaient à imposer, dès la fin mai, des limitations massives et des amendes, pour les pilotes récalcitrants. Une information relativisée lundi par le porte-parole du ministère allemand des Transports.

Selon Michael Zirpel, l'Allemagne n'a jamais caché son intention, si les discussions avec la Suisse n'aboutissent pas, de mettre en vigueur, dès le 1er juin, une ordonnance intégrant les conditions qu'elle pose. Et le porte-parole d'ajouter, pour swissinfo: «Lorsqu'un règlement n'est pas respecté, il y a toujours la possibilité de sanctions. Mais quant aux détails, rien n'a encore été fixé».

Côté suisse, à Berne, on reste de marbre. «Nous n'avons reçu aucune nouvelle information», déclare ainsi Hans Ulrich Aebersold, de l'Office fédéral de l'aviation civile. Pour lui, la situation n'a absolument pas changé depuis décembre dernier.

Mais à Zurich, le ton est nettement moins impassible. Le conseiller d'Etat en charge du dossier, Ruedi Jecker, se plaint ainsi lundi, dans les colonnes du Tages-Anzeiger, de l'attitude sans concession du gouvernement allemand. «Ce n'est pas ce que je considère comme une bonne approche de la négociation», relève t-il.

Zurich et les cantons voisins supportent déjà le gros des nuisances, selon Ruedi Jecker. Le conseiller d'Etat s'emporte, d'ailleurs: «Ce qui m'irrite avant tout, c'est que les Allemands du Sud ne veulent pas non plus tolérer de vols le week-end. Ce sont de mauvaises bases en matière d'équité et de bon voisinage».

Le suspens va en tous cas durer quelques semaines encore. C'est le mois prochain que les deux ministres, Kurt Bodewig pour l'Allemagne et Moritz Leuenberger, chef du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, devraient se retrouver pour un nouveau round de négociation - vraisemblablement décisif.

Pierre Gobet, Zurich

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