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Knie 2001 version romande, entre tradition et dérision

Marie-Thérèse sous l’œil expert de Franco Knie.

(swissinfo.ch)

Après La Chaux-de-Fonds, la caravane du Cirque Knie fait sa deuxième escale romande à Neuchâtel, jusqu'au 29 juin. Au programme, des exploits, humains et animaux, des paillettes, et Marie-Thérèse Porchet-née-Bertholet.

Marie-Thérèse est une spectatrice. Comme vous et moi. Mais voilà qu'elle gagne un concours qui lui donne accès aux coulisses, à la piste... et à la parole. Autant dire qu'elle ne se prive pas de commenter ce qu'elle voit. Ainsi, à la fin de l'incroyable numéro de deux contorsionnistes mâles - les Charkov Brothers - s'exclame-t-elle: «C'est un peu comme les yorkshires: on ne sait pas où est le devant et où est le derrière».

Le ton est donné. Mélangeant humour tarte à la crème (ah, ce tapis!) et dérision permanente, elle apporte indéniablement une touche de deuxième degré à un spectacle qui, lui, décline de façon presque rigide les stéréotypes du cirque classique.

Mais la performance est là, bien sûr... Gary Jahn conduit sept tigres impressionnants. Les jeunes Chinois(es) de la «Hebei Acrobatic Troupe» défient les lois de la gravitation. La moldave Natalia Jigalova joue remarquablement du trapèze et de sa plastique irréprochable. Et le tchèque Mario Berousek, sur fond de rock n'roll énervé, jongle sur un tempo effréné.

Parmi les numéros de cette tournée, on retrouve bien sûr les éléphants, menés par les deux Franco Knie, le père et le fils, accompagnés d'un petit cornac monégasque prénommé Pauline...

Egalement au rendez-vous, les chevaux, les célèbres chevaux du Cirque Knie, conduits par Mary-José et Freddy Knie. Et l'irrévérencieuse Marie-Thérèse de constater que des chevaux qui tournent autour d'une piste, c'est chaque année la même chose, à part la couleur...

Freddy Knie a effectué son tout premier numéro à l'âge de quatre ans. Selon lui, en quoi «le Knie» d'aujourd'hui est-il encore celui d'alors, et en quoi a-t-il changé? «Même si vous faites du cirque traditionnel, cela ne veut pas dire que vous faites du vieux cirque» répond le cavalier, également directeur artistique. «Il y a les éléments traditionnels du spectacle, mais on peut toujours moderniser, et il faut toujours moderniser»

Et de préciser: «Par exemple le son, les lumières, la mise en scène ont changé. Ces éléments-là ont beaucoup plus d'importance que lorsque j'étais petit. A cette époque, un éléphant suffisait à impressionner les enfants, car ils n'en voyaient pas ailleurs... Maintenant, il n'est plus aussi facile de les étonner.»

Cela voudrait-il dire que le cirque doit se plier à la surenchère des effets spéciaux, auxquels le cinéma nous a habitués? «Je ne crois pas. Le public connaît les effets spéciaux. Et ce qu'il vient chercher ici, c'est un spectacle live: on est sur scène, on doit se débrouiller. C'est une chose qui vit, chaque soir à nouveau».

L'aventure 2001 continue jusqu'à fin novembre. A l'issue de la tournée, les 43 artistes seront passés par 51 villes suisses, et auront participé à 350 spectacles en 227 jours...

Bernard Léchot

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