L'âge d'or de la carte postale exotique

Une image souvent idyllique de l'exotisme. Völkerkundemuseum der Universität Zürich

Bons baisers du bout du monde. Le Musée d'ethnographie de l'Université de Zurich expose plusieurs centaines de cartes postales du début du siècle passé. Des images d'Asie, d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique latine, entre clichés et documents.

Ce contenu a été publié le 13 mars 2001 - 18:12

Cette exposition est d'abord une sorte d'hommage à la carte postale, aujourd'hui un peu méprisée. Car elle fut un moyen de communication essentiel, l'un des premiers mass médias. Simple, petite, légère: elle a illustré le monde, avant la généralisation des magazines, l'apparition de la télévision. Avant, aussi, la banalisation des voyages.

C'est donc dans cette époque, entre la fin du XIXème siècle et les années 1930, que permet de se plonger les quelques 300 pièces tirées de la collection du Musée d'ethnographie de l'Université de Zurich. Une période durant laquelle on a produit, écrit, échangé, d'énormes quantités de cartes postales.

Des rectangles de carton qui racontaient le bout du monde à nos grands-parents. Ils montraient les voyages aventureux, la nature exotique, les habitudes de vie, les rituels des habitants des pays lointains: «Nomades dans le désert», «Femmes indigènes construisant leur case», «Retour de la chasse au crocodile».

A travers ces images, on retombe bien sûr sur une vision du monde: celle des colonisateurs qui les ont produites. Les stéréotypes sont partout. Par exemple dans la manière, romantique, de représenter les indigènes, proches de la nature, des animaux. Dans la manière aussi de représenter les sexes: l'homme est un guerrier, agressif, la femme est une mère ou un objet érotique.

Mais sous les clichés, les mises en scène parfois, subsiste le document, riche en informations ethnographiques. Et c'est aussi cela que le musée zurichois veut mettre en évidence. Car, pour Susanna Kumschick, l'une des responsables de l'exposition, la carte postale a besoin d'une réhabilitation.

Jusqu'à aujourd'hui, les chercheurs ne se sont guère penchés sur ce matériau. Les expositions l'ignorent. Et pourtant: «Parce qu'elles étaient très répandues, produites en grand nombre, explique Susanna Kumschick, les cartes postales sont parfois les seuls documents à avoir survécu.»

Pierre Gobet, Zurich

Cartes postales de la collection du Musée d'ethnographie de l'Université de Zurich: du 14 mars au 21 octobre 2001. L'exposition doit ensuite être montrée à Berne, au Musée de la communication.

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