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L´échec de La Haye n´empêchera pas la Suisse de poursuivre son action

Après l'échec de la conférence, les organisations écologistes quittent La Haye déçues et furieuses.

(Keystone)

La Conférence de La Haye sur les changements climatiques s´est achevée sur un constat d´impuissance. Les décisions sont reportées de quelques mois. La Suisse regrette le temps perdu. Mais mieux vaut ne rien avoir plutôt que d´hériter d´un mauvais accord.

La Conférence, qui devait normalement se terminer vendredi, s'était pourtant vue rallongée de 24 heures de négociations au niveau des ministres de l'Environnement pour tenter de forcer le destin et trouver une issue positive minimale à ces deux semaines de confrontations d'intérêts politico-économiques. Mais ces prolongations n'ont rien changé au score provisoirement déficitaire de ce rendez-vous à risques.

En 1997, à Kyoto, un accord de principe avait mis en quelque sorte les pays industrialisés au pied du mur écologique en les obligeant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le taux de réduction globale envisagé pour l'an 2010 avait alors été fixé à cinq pour cent des chiffres relevés en 1990. Mais les bonnes intentions ne suffisaient pas. Les moyens concrets et contraignants de les mettre en pratique faisaient encore défaut.

La conférence de La Haye avait pour but essentiel de préciser toute une panoplie de mesures techniques. Les négociations ont toutefois buté sur les gros dossiers, tels la prise en compte des forêts et des terres agricoles dans l'absorption du CO2, les «permis de polluer» en échange de technologies propres, l'aide financière aux pays en développement ou encore les modalités de contrôle et de sanctions en cas de non-respect des engagements pris.

Faute d'accord sur ce paquet de mesures, non seulement la conférence est vouée à l'échec, mais la bataille contre l'effet de serre se voit elle-même renvoyée à des jours où il sera peut-être trop tard de la mener. Sauf si la négociation se poursuit assidûment par d'autres voies moins spectaculaires. Ce que le président de la conférence réclamait en souhaitant qu'elle ne soit que «suspendue». Les délégations ont suivi son raisonnement.

Le Secrétaire d'État Philippe Roch, qui menait les négociations au nom de la Suisse, ne voit pas d'autre scénario possible, en espérant qu'une conclusion positive pourra y être donnée au mois de mai 2001. Reste tout de même un sentiment d'immense déception car, nous a-t-il déclaré, «la situation est urgente, le climat se détériore, et on perd beaucoup de temps».

La seule consolation du patron de l'Office fédéral de l'environnement, c'est que l'on n'a pas sacrifié l'intégrité environnementale du processus pour sauver à tout prix un document final. En l'occurrence, dit-il, «il était sage de ne pas avoir d'accord plutôt que d'en avoir un qui affaiblisse le protocole de Kyoto».

Pour Philippe Roch, cet échec ne devrait pas avoir de répercussions négatives sur le plan national. La loi sur le CO2 entrée en vigueur en mai dernier a été élaborée en dehors du protocole quand bien même elle correspond aux mêmes objectifs: «on a en Suisse une base solide pour poursuivre notre action qu'elle que soit l'issue des négociations internationales».

Clément Tolusso, porte-parole de Greenpeace-Suisse, craint tout de même un peu que les bonnes intentions suisses ne s'effilochent car, pense-t-il, on vit dans un monde où il est difficile d'être le premier quand ce que l'on fait contredit à court terme les intérêts économiques. C'est vrai que l'enjeu porte non pas sur des options «cosmétiques», mais sur des réorientations fondamentales de bon nombre d'activités humaines.

Les organisations écologistes très présentes à La Haye en repartent donc déçues et furieuses. L'événement leur laissera sans doute, comme l'a dit un militant, «le souvenir d'un moment de l'histoire où les gouvernements ont abandonné la promesse de coopérer pour protéger la Terre».

Bernard Weissbrodt

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