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L'élevage suisse veut vendre sa différence

L'USP préfèrerait que les Suisses consomment de meilleure qualité.

(Keystone)

L'Union suisse des paysans et la Protection suisse des animaux unissent leurs forces pour vanter les mérites de la production de viande suisse. Ils ont lancé lundi une campagne de sensibilisation pour inciter le consommateur à choisir une production indigène plus chère, mais aussi plus saine et plus respectueuse que celle de l'Union européenne.

Une fois n'est pas coutume, l'Union suisse des paysans (USP) et la Protection suisse des animaux (PSA) parlent d'une même voix pour défendre les méthodes d'élevage pratiquées en Suisse. Leur slogan - «Le cœur ou la bourse» - vise à expliquer au consommateur les avantages éthiques et qualitatifs de la viande suisse.

Tout au long de la semaine, les deux organisations se posteront aux frontières à Genève et à Kreuzliungen (TG) pour attirer l'attention des clients qui feraient leurs achats dans les pays voisins. Objectif: comparer les modes d'élevages pratiqués des deux côtés de la frontière.

«Les Suisses déboursent près d'un milliard de francs par an pour s'approvisionner en viande étrangère, affirme Roland Furrer, porte-parole de l'USP. Le tourisme des achats totalise à lui seul quelques 400 millions de francs. Certes, les produits étrangers sont moins chers mais le client doit également savoir ce qu'il achète».

Et, à en croire les images, diffuées ce lundi à Berne, la production de viande bon marché à de quoi décourager le consommateur le plus endurci.

Elevages intensifs dans des installations surchargées, priorité donnée aux races à croissance rapide, utilisation massive d'antibiotiques, conditions déplorables en matière de transport d'animaux vivants. Autant de méthodes qui, selon les organisateurs, vont à l'encontre du respect de l'animal mais aussi de la qualité du produit mis sur le marché.

En Suisse, justement, ces pratiques ont quasiment disparu. «Les nouvelles orientations de la politique agricoles helvétique permettent d'encourager une détention plus respectueuse des animaux, explique Hans-Urlich Huber agronome membre de la PSA.

En effet, précise Hans-Urlich Huber, «les élevages qui respectent les normes édictées par l'ordonnance sur la protection des animaux bénéficient d'aides financières versées sous la forme de paiements directs écologiques».

Une manne d'autant plus importante qu'elle peut représenter jusqu'à 20% du revenu des paysans de plaine et jusqu'à 60 % dans les régions de montagne.

«Par ailleurs, souligne Hans-Urlich Huber, la demande croissante du consommateur pour des produits plus sains et plus respectueux des animaux pousse aussi les paysans à dépasser les standards minimums fixés par la loi».

A titre d'exemple, en Suisse, près de la moitié des 2,5 millions poules pondeuses peuvent désormais s'ébattre en plein-air. Et le consommateur, toujours plus soucieux de la qualité de son alimentation, se tourne toujours plus vers une agriculture respectueuse des animaux et de l'environnement.

Ainsi, les ventes de viande au bénéfice d'un label ont augmenté de près de 10% entre 1998 et aujourd'hui. Une aubaine pour la paysannerie suisse qui peut ainsi écouler des produits à plus forte valeur ajoutée.

D'ailleurs, les professionnels de tous bords considèrent que les efforts économiques consentis par la paysannerie pour s'adapter à ce nouveau mode d'élevage seront récompensés.

En effet, animaux élevés dans de bonnes conditions nécessitent moins de soins et présentent une meilleure santé. Autant d'éléments qui contribuent à abaisser les coûts de production.

Vanda Janka


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