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L'émotion l'emporte sur la raison

Ils n'obtiendront pas automatiquement le passeport suisse

(Keystone Archive)

Les Suisses refusent la naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers. Le projet pouvait pourtant être qualifié de raisonnable.

A l’issue d’une campagne marquée par l’émotion, les Suisses sont restés de marbre face aux arguments des partisans. Au grand profit de la droite dure qui confirme son rôle de parti national.

Les résultats montrent très clairement – une nouvelle fois – un profond fossé entre la Suisse romande et le reste du pays. La naturalisation facilitée a été acceptée dans toutes les zones majoritairement francophones et refusée ailleurs.

Seul Bâle-Ville fait exception. Ce n’est pas la première fois que ce demi-canton vote comme la Suisse romande et à l’inverse du reste du pays. L’exemple le plus fameux reste le vote sur l’entrée de la Suisse dans l’Espace Economique Européen (EEE).

Défiance envers les nouveaux arrivants

Le résultat du vote montre un autre clivage: entre les zones urbaines et les campagnes.

Dans presque tous les cas de figure, les zones rurales refusent plus largement les naturalisations facilitées que les zones urbaines. C’est ainsi que pratiquement les trois quarts des Uranais ont dit «non».

Même en Suisse romande, où le «oui» l’a partout emporté, on constate le même clivage. Les partisans des naturalisations facilitées ont été proportionnellement moins nombreux au Jura que dans des cantons plus urbains tels que Neuchâtel ou Genève.

Ces constatations ne constituent pas une surprise. Par le passé, plusieurs votations concernant les étrangers ont déjà montré que les zones urbaines et francophones faisaient preuve d’une plus grande ouverture que les zones alémaniques et rurales.

Mais le débat a aussi montré que tous les étrangers n’étaient pas logés à la même enseigne. Pratiquement personne n’a contesté le fait que des populations depuis longtemps présentes en Suisse (Italiens ou les Espagnols, par exemple) pouvaient facilement être intégrées et naturalisées.

En fait, presque tout le débat a porté sur les nouveaux arrivants avec une focalisation sur les musulmans et sur les populations originaires des Balkans, considérés comme moins facilement assimilables.

Or, force est de constater que ces populations sont davantage présentes en Suisse alémanique qu’en Suisse romande. Ce fait peut probablement en partie expliquer le résultat enregistré dans les zones germanophones.

Une campagne émotionnelle

Cette défiance exprimée envers les nouveaux arrivants a de plus été alimentée par plusieurs affaires qui ont fait les gros titre de la presse.

Les médias se sont notamment penchés sur les rodéos routiers. Or force est de constater que bon nombre des chauffards sont de jeunes étrangers, souvent d’origine balkanique.

Le point d’orgue a été atteint avec les déclarations proprement scandaleuses d’un chauffard fier de l’être. En Suisse alémanique, la presse de boulevard et la télévision ont largement repris et commenté les propos de ce jeune (22 ans)… Albanais.

Au Jura, c’est l’agression sauvage d’un écolier qui a fait les gros titres. Les quatre agresseurs étaient d’origine turque et balkanique.

Dans ses conditions, la campagne politique sur la naturalisation des jeunes étrangers n’a pu que glisser sur le terrain de l’émotionnel.

De l’émotion d’autant plus palpable que l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure) n’a cessé de jeter de l’huile sur le feu avec une campagne d’affichage parfois à la limite de la correction. Tout le monde se souvient, notamment, d’une affiche présentant une carte d’identité suisse au nom… d’Ousama ben Laden.

Une force de frappe intacte



Face à ce glissement de la campagne sur le terrain de l’émotionnel, les partisans des naturalisations facilitées – à droite comme à gauche – se sont longtemps contentés de présenter des arguments raisonnables pour contrecarrer les attaques de l’UDC.

Ce n’est que quelques jours avant le vote qu’ils ont dénoncé les «mensonges» de la droite dure. Une réaction tardive et vaine.

L’Union démocratique du centre sort donc largement victorieuse de ce scrutin. Seul contre tous, le parti a réussi à emporter la décision.

D’aucun avaient espéré que l’entrée au gouvernement de Christoph Blocher, son leader charismatique, musellerait l’UDC. Le vote sur les naturalisations facilitées montre au contraire que l’UDC demeure un parti d’opposition efficace.

La droite dure reste plus que jamais maître de son terrain de prédilection: la défense de l’indépendance et des valeurs traditionnelles de la Suisse.

Sa « force de frappe» reste donc intacte à quelques mois d’un vote attendu sur les accords bilatéraux II entre la Suisse et l’Union européenne.

swissinfo, Olivier Pauchard

Faits

La naturalisation facilitée pour les jeunes de la 2e génération a été refusée par 56,8% des votants.
17,5 cantons l’ont refusée et 5,5 l’ont acceptée.
La naturalisation facilités pour les jeunes de la 3e génération a été refusée par 51,6% des votants.
16,5 cantons l’ont refusée et 6,5 l’ont acceptée.

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