L'étau se resserre autour des taliban

Préparatifs à bord du porte-avion Theodore Roosevelt qui a quitté les Etats-Unis pour l'Océan indien. Keystone

Un impressionnant dispositif aérien et naval se met en place aux abords de l'Afghanistan, resserrant l'étau autour du régime des taliban. Ceux-ci, qui refusent de livrer Oussama ben Laden, affirment qu'il a disparu. De son côté, en remerciement de leur collaboration, le président américain a levé les sanctions contre l'Inde et le Pakistan, imposées après les essais nucléaires en 1998.

Ce contenu a été publié le 23 septembre 2001 - 15:46

Selon un responsable militaire ouzbek, des avions militaires américains qui comporteraient des systèmes de reconnaissance sont déjà en action dans cette ex-république soviétique limitrophe de l'Afghanistan, ce qui n'a pas été confirmé par le Pentagone. De son côté, le Tadjikistan, autre voisin de l'Afghanistan, a lui aussi annoncé son intention de coopérer.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a eu samedi des «entretiens constructifs» avec son homologue américain, a fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à une coopération entre les Etats-Unis et les Républiques d'Asie centrale, selon un responsable américain.

Préparatifs de guerre

Deux porte-avions américains, déjà en mission dans l'Océan indien, doivent être rejoints par le Theodore Roosevelt et le Kitty Hawk, partis respectivement des Etats-Unis et du Japon. Un contingent de 2200 Marines a quitté le sol américain jeudi et au moins une centaine d'avions militaires ont été envoyés sur place.

Par ailleurs, 13 bâtiments de guerre britanniques ont traversé samedi le canal de Suez, en direction du sud, selon l'AFP, pour, officiellement, participer à des manoeuvres dans le Golfe avec cinq autres navires de guerre britanniques. Environ 38 000 militaires, dont plus de 20 000 britanniques, doivent prendre part à des manoeuvres à Oman.

En week-end dans sa résidence de Camp David, George W. Bush supervise les préparatifs des frappes américaines. Le Pentagone a indiqué samedi que l'armée a appelé en service actif un contingent supplémentaire de 5172 réservistes de la garde nationale et de l'armée de l'Air, dans le cadre des 35 000 réservistes prévus pour un rappel.

Les taliban persistent

Malgré son isolement quasi total, le régime des taliban a réaffirmé son refus de livrer le milliardaire d'origine saoudienne, considéré comme le principal suspect dans les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.

«La demande américaine n'est acceptable pour aucun musulman afghan et, nous non plus, nous ne sommes pas prêts à l'accepter», a réaffirmé Abdul Hai Mutmaeen, porte-parole du chef suprême des taliban, le mollah Mohammad Omar, à l'agence Afghan Islamic Press (AIP), proche de Kaboul et basée au Pakistan.

Par ailleurs les taliban ont annoncé dimanche qu'Oussama ben Laden a disparu. Ils s'efforcent actuellement de le retrouver, selon des responsables
taliban cités par l'agence islamique de presse (AIP).

Spectaculaire levée des sanctions

Dans un mémorandum au secrétaire d'Etat Colin Powell, M. Bush a indiqué que l'application au Pakistan, comme à l'Inde, «des sanctions et interdictions (...) ne serait pas dans les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis». Ces sanctions limitaient les ventes de matériel militaire ainsi que l'aide économique et financière.

Si l'ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a appelé son pays à aller plus loin et à rompre, comme les Emirats arabes unis samedi, ses relations diplomatiques avec les taliban, Islamabad doit prendre en compte son importante opposition islamiste, qui soutient ben Laden.

Plusieurs Etats du Golfe se montrent également réticents à accueillir des renforts militaires américains.

Frappes inacceptables pour les Arabes

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a averti dimanche à Amman qu'une éventuelle frappe américaine contre un pays arabe, à la suite des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, serait inacceptable pour tous les Etats arabes.

Sans nommer les Etats-Unis, M. Moussa a également appelé à «une révision de la question des sanctions infinies imposées à l'Irak».

swissinfo avec les agences

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