L'aéroport de Zurich payera un prix à l'«eurocompatibilité»

Keystone

La mise en œuvre des accords de Schengen en Suisse va coûter près de 170 millions de francs à l'aéroport de Zurich, Unique. A cette fin, les contrôles de sécurité seront centralisés et le terminal B remis en service.

Ce contenu a été publié le 20 février 2007 - 17:02

Ces adaptations impliquent une hausse des taxes d'environ quatre francs pour les passagers. A l'avenir, les différentes taxes et redevances seront comptées séparément.

Avec la mise en place des accords de Schengen, prévue pour l'automne 2008 en Suisse, il sera nécessaire de séparer les passagers issus de cet espace et les autres, a expliqué mardi l'exploitant de l'aéroport de Zurich, Unique.

Parallèlement, les normes de sécurité deviennent également de plus en plus sévères.

Pour faire face à ces exigences, Unique se voit dans l'obligation de centraliser les contrôles de passagers et de bagages à main dans un seul bâtiment, soit dans l'ancien terminal B fermé en août 2003 et converti depuis en centre des congrès. La nouvelle zone de contrôle devrait pouvoir être opérationnelle fin 2009.

Une hausse inévitable

Pour Zurich-Kloten, le coût de «l'eurocompatibilité» va se monter à près de 300 millions de francs durant les trois prochaines années: 173 millions sont directement liés à Schengen et 128 millions à la sécurité.

Comme ni la Confédération ni l'Union européenne (UE) ne contribuent aux frais liés à Schengen ou aux nouvelles mesures de sécurité, une hausse des redevances est «inévitable», affirme l'aéroport de Zurich.

Elle sera de 3 francs pour les passagers en transit et de 4,5 francs pour les autres. Cela portera les taxes à respectivement 24,5 francs et 41,5 francs.

Pas de hausse en vue à Genève

L'aéroport de Genève en revanche ne prévoit pas de hausse des redevances pour le moment, indique le porte-parole Philippe Roy. Elle n'est pas comprise dans le budget 2007 et ne «sera probablement» pas introduite non plus l'an prochain.

La taxe 'passagers' devrait donc rester à 19 francs pour tous les voyageurs. Genève-Cointrin veut garder son image «d'aéroport pas cher» et rester compétitif notamment pour les transporteurs «low cost».

Pour le porte-parole de l'aéroport, le bon trafic passagers et la hausse des recettes commerciales le permettent. Genève-Cointrin va réaménager et agrandir ses infrastructures pour 60 millions de francs d'ici 2009.

Cette somme comprend aussi les adaptations liées à Schengen et aux nouvelles normes de sécurité, qui n'ont pas été chiffrées séparément. Tout comme celui de Zurich-Kloten, l'aéroport prévoit de centraliser les contrôles de passagers et de bagages à mains.

Bâle-Mulhouse: déjà binational

A Bâle-Mulhouse, aéroport franco-helvétique, il existe déjà un espace Schengen et un espace international, a expliqué la porte-parole Vivienne Gaskell.

L'aéroport ne doit donc pas faire face à des investissements lourds avec l'entrée de la Suisse dans cet espace et ne le répercutera pas sur ses redevances.

Tout comme Genève-Cointrin, Bâle-Mulhouse veut «rester attractif». A partir d'avril 2007, la taxe passager baissera même légèrement de 24,15 à 23,40 francs.

Toutefois, les coûts de la sécurité, qui ont aussi pris l'ascenseur à Bâle-Mulhouse, pourraient peser sur les redevances à partir de 2008.

swissinfo et les agences

Faits

Passagers transportés en 2006:
Zurich: 19,2 millions
Bâle: 4 millions
Genève: 9,96 millions

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Les accords de Schengen

Les citoyens helvétiques ont accepté les accords bilatéraux de Schengen/Dublin le 5 juin 2006 (54,6% de oui).

L'accord de Schengen règle et facilite la libre circulation des personnes. Il prévoit une collaboration entre les Etats dans les domaines de la justice et de la police, notamment pour la lutte contre le crime organisé et les trafics d'armes et de drogue.

L'accord de Dublin prévoit également une collaboration entre Etats, dans le domaine de l'asile. Il s'agit notamment d'éviter qu'un requérant débouté dans un pays puisse présenter une demande dans un autre pays.

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