L'accordéon insulaire de Régis Gizavo·

Régis Givazo. swissinfo.ch

Après Thoune, Frick et Berne, l'accordéoniste et chanteur malgache Régis Gizavo, membre du groupe corse I Muvrini, s'arrête à La Chaux-de-Fonds le 17 février et à Zurich le 18. Chaleur diatonique garantie.·

Ce contenu a été publié le 16 février 2001 - 14:40

L'accordéon, instrument privilégié du folklore helvético-germano-tyrolien, de la musette, du tango et des groupes français de rock alternatif... Pas uniquement: alors que Richard Galliano a mis avec génie du jazz dans son piano à bretelles, Régis Givazo, suivant la tradition malgache, lui insuffle la chaleur et le mysticisme de l'Afrique.

«C'est un instrument qui a beaucoup voyagé. Les Européens l'ont introduit chez nous vers 1800. C'était des Portugais, des Français, des Allemands... Les Malgaches ont pris l'instrument, personne ne le leur a appris, et avec lui ils ont joué la musique traditionnelle malgache. Cela a donné un son particulier, un autre rythme. C'est la continuité de l'histoire», explique Régis Gizavo.

A Madagascar, l'accordéon mène même à la transe, paraît-il: «lors de cérémonies, qu'il s'agisse de circoncisions ou d'exorcisme, on a toujours recours à un accordéoniste; c'est lui qui anime la fête, c'est lui qui rend tout le monde heureux».

Enfant, Régis Gizavo a assisté aux prestations de ces accordéonistes venus en général de petits villages. Il ne s'en est pas encore remis et ses doigts ont retenu la leçon. Devenu adulte, il prête son talent à des musiciens africains comme Manu Dibango, Ray Lema, Geoffrey Oryema, et à des artistes européens: Greame Allwright, Jacques Higelin.

Depuis 1992, l'accordéoniste malgache est même devenu membre du plus célèbre des groupes corses: I Muvrini. Il y joue, mais il y chante également. Connivence d'insulaires? «D'écouter les polyphonies corses me ramène à une formule qui existe aussi chez moi et qu'il faut développer. D'ailleurs, maintenant, il y a des groupes polyphoniques malgaches qui se produisent en Europe. Et, inversement, les Corses de La Filletta ont joué à Madagascar... La communication, cela se passe par la musique d'abord».

Deux albums publiés chez Indigo illustrent le parcours solo de Régis Gizavo: «Mikea» et «Samy olombelo», sur lequel figure le superbe «Kemba», avec Jean-François Bernardini.

Bernard Léchot

Régis Gizavo, en concert le 17 février à La Chaux-de-Fonds (Bikini Test) et le 18 à Zurich (Moods).

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