Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Selon Guy Parmelin, de nombreuses affirmations fausses ont été faites dans cette affaire d'espionnage (archives).

KEYSTONE/MARCEL BIERI

(sda-ats)

L'affaire d'espionnage présumé du fisc allemand par un agent suisse a filtré par des tiers placés sous enquête et ayant eu accès aux dossiers. C'est ce qui aurait mis la puce à l'oreille de l'Allemagne.

Une procédure a été ouverte en Suisse en janvier 2015 contre le Suisse de 54 ans pour soupçon de service de renseignements économiques. C'est lors d'un interrogatoire à Berne que l'intéressé, soupçonné d'avoir volé des données de clients de banques suisses, aurait informé le Ministère public de la Confédération (MPC) de ses activités pour le Service de renseignement de la Confédération (SRC).

L'enquête a ensuite été étendue à des tiers qui ont ainsi eu accès aux dossiers, a confirmé samedi le MPC à l'ats, revenant sur des informations de différents médias. En l'occurrence, il s'agirait d'un individu faisant l'objet d'une procédure à Bochum (D) pour soustraction fiscale, selon le Tages-Anzeiger de samedi.

Lui et son avocat auraient ainsi eu vent par les actes et procès-verbaux du dossier des activités d'espionnage de la Suisse. Cela confirmerait les déclarations faites vendredi à divers médias par l'avocat de l'espion suisse, Valentin Landmann. Les documents suisses auraient été transmis par les autorités judiciaires de Bochum au Parquet fédéral allemand.

Conditions pas réunies

Selon le MPC, qui précise que l'espion n'a jamais eu de mandat de sa part, les conditions requises pour limiter l'accès au dossier n'étaient pas réunies en l'espèce.

Interrogé samedi par la télévision alémanique SRF, Me Landmann a estimé que "cela n'aurait jamais dû se produire". Il est possible de caviarder des documents lorsque des intérêts privés ou publics prédominants l'exigent, selon lui.

L'espion suisse a été arrêté le 28 avril à Francfort. Ce détective privé, ex-policier zurichois, avait été chargé par le SRC d'identifier les inspecteurs du fisc de Rhénanie du Nord-Westphalie qui oeuvreraient à recueillir des données sur des clients allemands de banques suisses.

Ex-collaborateur du service de sécurité d'UBS, il aurait été actif en Allemagne "au moins" de 2012 à fin 2015 et aurait placé une "source" au sein de l'administration des finances. En mars 2012, le MPC avait lancé des mandats d'arrêt contre trois inspecteurs du fisc allemand pour espionnage économique et violation du secret bancaire.

Plus de contact avec le SRC depuis 2014

Interrogé dimanche dans le "Tagesschau" de SRF, le ministre de la défense Guy Parmelin a précisé qu'il n'y avait plus eu de contact entre le SRC et l'espion présumé depuis fin mai 2014.

Ces déclarations peuvent être vues comme une confirmation indirecte du fait que le Suisse incarcéré à Francfort a bel et bien travaillé pour le SRC, ce que les autorités n'ont encore jamais admis. "De nombreuses choses fausses" ont été dites dans cette affaire, a ajouté le Vaudois.

De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a jugé samedi "inouïe" toute cette histoire. Il a cependant souligné ne pas vouloir "démolir" les bonnes relations entre les deux pays.

ATS