L'affaire des "salaires des CFF" prend une dimension politique

Ernst Leuenberger, président du syndicat des cheminots, se dit "outré" par les salaires des patrons des CFF. swissinfo.ch

La délégation des finances du Parlement va aborder la question des salaires des directeurs des CFF. Mais le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) de Moritz Leuenberger ne fait pas de commentaire par respect des compétences.

Ce contenu a été publié le 19 février 2001 - 17:45

Le département de Moritz Leuenberger considère en effet que les salaires des directeurs des CFF sont l'affaire du conseil d'administration de l'entreprise. Pour des raisons de protection des données et de concurrence, le département ne veut pas se prononcer.

L'affaire des salaires "pharaoniques" révélée ce week-end, n'est pourtant pas close car la délégation des finances du Parlement va débattre de cette question la semaine prochaine.

La publication par la presse du montant de 3,6 millions de francs destiné à couvrir les salaires des six directeurs des CFF a suscité une vague de réprobation et d'indignation.

A Berne cependant, on prend ses distances. La fixation du montant des salaires des directeurs relève de la compétence du conseil d'administration et de l'entreprise, a expliqué lundi Claudine Godat Saladin, porte-parole du DETEC.

Le président du conseil d'administration des CFF, Thierry Lalive d'Epinay, avait qualifié cette "adaptation" d'inévitable car les salaires des directeurs des CFF doivent être comparables à ceux des entreprises comme La Poste et Swisscom. Selon les chiffres publiés, que les CFF ont toutefois refusé de confirmer, les six directeurs ont vu leurs salaires doubler cette année.

Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le personnel fédéral, les salaires des six directeurs ne sont plus soumis à la convention collective. Une comparaison avec les cadres d'autres entreprises ont montré que les salaires payés par les CFF étaient nettement inférieurs, a déclaré Christian Kraeuchi, porte-parole des CFF.

Les CFF sont une entreprise qui doit s'orienter sur le marché, affirme la porte-parole du DETEC. Par ailleurs, le président de la Confédération Moritz Leuenberger et le chef du Département fédéral des finances Kaspar Villiger ont été informés. De nombreux contacts ont eu lieu entre la Confédération, propriétaire des CFF, et l'entreprise.

La délégation des finances des Chambres fédérales, quant-a-elle, va débattre la semaine prochaine des salaires des directeurs des CFF, a précisé son président, le conseiller national Erich Mueller (PRD/ZH). Les salaires ne sont pourtant pas de la compétence directe de la délégation. La Confédération doit en discuter en tant que propriétaire des CFF, a ajouté Erich Mueller

Le syndicat "transfair", réagit plus vivement. Selon lui, la direction des CFF manque de sensibilité en matière de politique du personnel. Compte tenu de la situation financière, le syndicat considère que les salaires du personnel sont restés à la limite inférieure des possibilités. De plus, les rentiers attendent toujours le versement de la compensation du renchérissement.

Le président du syndicat des cheminots, Ernst Leuenberger, s'était déjà déclaré outré dimanche dernier par les nouveaux salaires des directeurs. «Ce n'est pas seulement aux yeux du personnel - dont le mécontentement croît en raison des sacrifices salariaux sans cesse demandés au nom de la rationalisation - mais également à ceux des contribuables que les salaires directoriaux sont choquants».

Toujours selon Ernst Leuenberger, il ne fait pas de doute que l'explosion des nouveaux salaires des directeurs des CFF va devenir un problème politique et que le président de la Confédération devra prendre position.

swissinfo avec les agences

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