L'aide humanitaire suisse se remotive

Walter Fust, Directeur de la coopération suisse (DDC), lors de la journée de l'aide humanitaire suisse. Keystone

C'est à Montreux que l'aide humanitaire suisse organisait vendredi sa journée annuelle. Occasion rêvée pour le corps d'aide de clarifier ses objectifs.

Ce contenu a été publié le 08 mars 2002 - 18:57

Walter Fust, le patron de la coopération suisse (DDC), de qui dépend aussi l'aide humanitaire, avait au moins trois bonnes raisons d'être content. D'abord, parce que pour la première fois, cette Journée annuelle se déroulait hors de Berne, qui plus est en Suisse romande.

Cette délocalisation signifie que le centre se rapprocher du public. Pour mieux se faire connaître. Et pour entendre aussi ses questions. A Montreux, où 800 personnes étaient invitées, il a donc mis la priorité sur le contact, avec une centaine de jeunes notamment, afin de favoriser cet esprit d'échanges.

La deuxième satisfaction, c'est le feu vert donné mardi par le Conseil national pour la suite de l'engagement humanitaire international: «J'espère, nous dit Walter Fust, qu'il aura la même attitude lorsqu'il devra voter le budget et nous donner ce dont nous avons besoin pour mieux remplir notre tâche.»

Les principes humanitaires menacés

Enfin, le directeur de la DDC applaudit bien sur le «oui» suisse du week-end dernier pour l'entrée à l'ONU. «Si la Suisse veut être une entreprise humanitaire, commente-t-il, elle dispose désormais de la plate-forme nécessaire pour faire appliquer les principes humanitaires.»

C'est que Walter Fust a quelque inquiétude quant à la pérennité de ces principes qui, selon lui, s'érodent et semblent de moins en moins appliqués. A quoi s'ajoutent une politisation accrue des situations humanitaires, des abus de toutes sortes et «une sorte de privatisation de la violence».

Quoi qu'il en soit, la Suisse veut aller de l'avant. Elle s'est donnée une stratégie à moyen terme. Son effort continuera de porter sur des interventions humanitaires lors de conflits, dans des domaines comme la prévention, l'aide d'urgence et la reconstruction.

La parole aux victimes oubliées

Mais - c'est nouveau - elle insistera aussi désormais sur les «plaidoyers» en faveur des populations en détresse. Et Toni Frisch, délégué à l'aide humanitaire, d'expliquer qu'il faut «donner l'occasion à toutes les victimes, notamment celles de conflits oubliés, de se faire entendre».

Ce qui a également changé, c'est l'appellation du Corps suisse d'aide en cas de catastrophe, rebaptisé Corps suisse d'aide humanitaire (CSA). «Notre image était fausse, constate Toni Frisch qui en est aussi le patron, la palette de nos activités va bien au-delà des opérations de sauvetage.»

L'efficacité de cette entité qui a fait ses preuves, il entend l'améliorer de plusieurs manières. En le professionnalisant davantage, par exemple. Et en renforçant la coopération entre civils et militaires. Dans ce domaine, loin de lui l'idée d'entretenir l'ambiguïté. «L'objectif est de bénéficier des meilleures compétences possibles et d'activer un maximum de synergies.»

L'Irak et les partisans des talibans

La conclusion de cette journée, on la laissera au ministre des Affaires étrangères, Joseph Deiss, dont c'était le premier discours public depuis le vote sur l'ONU. Et qui souligne que la Suisse entend promouvoir «le respect rigoureux» des principes humanitaires. A commencer par l'impartialité.

«L'aide humanitaire, dit-il, ne doit pas seulement provenir aux victimes qui, à nos yeux, méritent notre soutien pour des raisons politiques. Toutes les victimes ont besoin de notre aide et de notre protection, aussi bien en Irak que parmi les partisans des talibans.»

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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