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L'aide multilatérale suisse de plus en plus nécessaire

La Bolivie, pays le plus pauvre d'Amérique latine. Pour la DDC, les projets d'aide qui s'y développement illustrent parfaitement le souci de la nouvelle pensée multilatérale.

(Keystone Archive)

Le dernier rapport annuel de la coopération internationale de la Suisse en fait la démonstration: l'aide multilatérale au développement, mondialisation oblige, prend toujours plus d'importance. En termes comptables, elle représente aujourd'hui un tiers de l'aide publique.

Du rapport 2000 publié conjointement par la Direction du développement et de la coopération (DDC) et par le Secrétariat d'État à l'économie (seco), on retiendra d'abord trois chiffres-clefs: l'aide publique suisse s'est montée l'an dernier à 1,5 milliard de francs, c'est-à-dire 3,2% des dépenses de la Confédération et 0,34% du produit national brut.

A peu de choses près, ces chiffres ressemblent à ceux de 1999. Grosso modo, cette aide publique est utilisé de deux façons, par le biais des activités bilatérales qui absorbent les deux tiers du montant global, et par celui des engagements multilatéraux via les agences des Nations Unies et les grandes institutions monétaires internationales.

Au bilan, la Suisse figure parmi les douze plus importants contributeurs de l'aide multilatérale. Le volume total de son aide au développement reste cependant encore très éloigné de la barre des 0,4% du PNB demandée par l'OCDE. Berne a pour objectif d'y parvenir avant la fin de la décennie, mais il est encore trop tôt pour constater les premiers effets de sa décision.

Deux arguments militent en faveur de la coopération multilatérale. D'abord, c'est le seul moyen pour la Suisse d'être présente dans des pays où elle n'agit pas directement. Ensuite et surtout, nombre de problèmes de développement (sans parler des crises humanitaires) ne trouveraient jamais de solutions sans les efforts communs de plusieurs pays. C'est l'autre face - active - de la mondialisation.

Mais, à propos de solutions justement, quelques-uns des prétendus remèdes imposés aux pays en développement par la soi-disant communauté internationale ont eu de graves effets pervers. On pense évidemment à certains des programmes d'ajustement structurel qui ont fait que les couches les plus pauvres de la population se sont encore appauvries.

Le multilatéral n'a donc rien d'une panacée. La tentation existera toujours, dans ce domaine, de développer d'immenses projets sans aucune commune mesure avec les moyens des bénéficiaires qui doivent ensuite en assurer la continuité. Tentation - dite autrement - de ne pas être suffisamment à l'écoute des populations locales et de leurs représentants.

La Suisse se donne quelques gardes-fous. Elle ne se contente pas de verser de l'argent dans le panier multilatéral, elle détient un véritable droit de regard. Ses objectifs sont les mêmes que pour la coopération bilatérale: réduire la pauvreté, bien gérer les affaires publiques, préserver les ressources naturelles, etc. Et dans un cas comme dans l'autre, elle s'efforce de concentrer ses moyens pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

Dans l'esprit de la DDC, la Bolivie est l'une des initiatives qui illlustrent le mieux le souci de la nouvelle pensée multilatérale. Ce pays, le plus pauvre d'Amérique du Sud, fait figure de pionnier pour avoir réussi à intégrer tous ses acteurs économiques et sociaux dans l'analyse des problèmes et dans son plan d'action nationale «para vivir mejor» (pour une vie meilleure).

La Suisse s'est fortement engagée à soutenir ce processus aux côtés d'autres partenaires dont la Banque Mondiale. On parle déjà de succès tout en sachant qu'un projet national de lutte contre la pauvreté ne se mesure qu'à long terme. Du côté de la DDC, on veille en tout cas à ce que cet habit tout neuf ne devienne pas «une camisole de force» pour les Boliviens.

Bernard Weissbrodt


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