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L'Aiglon suisse a fait son nid au Mali

Un travailleur se reposant sur des balles de coton en Côte d'Ivoire

(Keystone)

Le groupe l'Aiglon, une société à capitaux maliens basée en Suisse, vient d'achever la construction d'une usine d'égrenage du coton à Korhogo, au nord de la Côte d'Ivoire. Implanté aujourd'hui dans 25 pays, il emploie 18 000 personnes. Histoire d'une rencontre fructueuse entre la Suisse et le Mali.

L'Aiglon n'a pas son pareil à Genève. Seule société à capitaux africains d'une telle envergure, l'Aiglon est le fruit d'une rencontre entre la Suisse et le Mali. A l'image de son fondateur, Cheickna Kagnassy, qui continue, à 76 ans, de diriger le groupe.

Originaire du Mali et réfugié politique en Suisse en 1977, il implante sa société dans ce pays d'accueil auquel il s'attache. «Au début, nous étions cinq, monsieur Kagnassy et quatre Suisses dont moi-même», se souvient Otto Gisler, aujourd'hui âgé de 65 ans, et secrétaire général de l'Aiglon.

Certains ont pris leur retraite. Mais le noyau de départ est longtemps resté le même. «La société s'est développée lentement, à partir du Bénin et du Togo. Nous avons commencé par des produits tropicaux, comme l'huile de palme et le beurre de karité, puis, en 1984, nous avons lancé notre première opération dans le domaine du coton», explique Otto Gisler.

Cheickna Kagnassy est renommé dans le milieu du négoce international. Il dispose de nombreux réseaux en Afrique; la localisation en Suisse inspire confiance. La combinaison est gagnante: la décennie 90 est celle de l'expansion, portée par toutes les activités du groupe.

En 2001, l'Aiglon pèse plus 350 millions de francs suisses, le groupe est le premier exportateur de coton africain. Pour construire l'usine d'égrenage de coton de Korhogo, au nord de la Côte d'Ivoire, les capitaux ont été récoltés auprès de diverses institutions financières à partir de la Suisse.

Au total, près de 22 millions de francs d'investissement. Un pari audacieux, alors que les cours du coton sont orientés à la baisse. Mais le groupe, il est vrai, peut se le permettre.

Virginie Gomez, Abidjan

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