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L'Allemagne a aussi fait un geste

L'accord trouvé lundi risque de faire des mécontents des deux côtés de la frontière.

(Keystone Archive)

Berlin a finalement accepté le maintien des vols le week-end et les jours fériés. Ce n'est pas une concession mineure pour les populations allemandes concernées par le trafic aérien de Zurich-Kloten.

Le ministre des Transports allemand, Kurt Bodewig, a souligné lundi combien il regrettait l'impossibilité de parvenir à un accord avec la Confédération en ce qui concerne l'interdiction totale de survol aérien de l'Allemagne le week-end et les jours fériés.

Il n'y a pas là simplement figure de style. Après des négociations tendues, Berlin a certes imposé à Berne de substantielles concessions dans le dossier Zurich-Kloten. Mais les Allemands ont aussi fait un pas en acceptant de revoir une de leurs principales revendications.

Et, comme tout compromis, l'accord auquel les deux pays sont parvenus va faire des mécontents des deux côtés de la frontière, dans la Bavière et le Bad-Wurtemberg, deux Etats allemands dirigés par des ministres présidents démocrates-chrétiens, fers de lance de l'opposition au gouvernement Schröder.

Ce sont en particulier les habitants des communes bavaroises survolées par les avions décollant et atterrissant à Kloten qui se disent victimes du développement du trafic de l'aéroport. Il trouble en particulier la sérénité des touristes qui viennent prendre quelque repos dans leur région et constituent pour la Bavière une ressource appréciable.

La suppression des vols de nuit à parti de 20 heures en fin de semaine n'est, de ce point de vue, qu'une demi-mesure. Le «recul allemand», en ce qui concerne la réduction du nombre annuel des survols aériens - moins de 100 000 et non plus à 80 000 -, renforcera sans doute la grogne de la population locale, laquelle estimera que c'est «toujours trop». D'autant que cette mesure ne sera appliquée que plus de trois ans après la signature de l'accord final entre Berne et Berlin.

Avant la négociation, l'Allemagne avait fait connaître son intention d'être ferme dans la négociation. On évoquait même un scénario de tension: Berlin imposant sans attendre, faute d'accord de Berne, des mesures d'autorisation de survol draconiennes et verbalisant directement les pilotes qui dépasseraient cette réglementation unilatérale.

Finalement, le gouvernement allemand a préféré lâcher du lest, en même temps qu'il contraignait la Confédération à mettre un terme au statut d'exception dont bénéficie Zurich-Kloten.

Michel Verrier, Berlin

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