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L’Allemagne engorge la frontière suisse

Les gardes-frontières allemands contrôlent toutes les voitures quittant la Suisse.

(Keystone)

La Suisse s’étonne de voir les autorités allemandes renforcer les contrôles d’identité à la frontière, causant d’énormes bouchons à Bâle.

En Suisse, d’aucuns parlent d’une façon d’accroître la pression sur Berne dans le cadre des négociations bilatérales avec Bruxelles.

Depuis vendredi, tous les automobilistes suisses se rendant en Allemagne doivent présenter leurs papiers. Cette intensification des contrôles a provoqué des kilomètres de bouchons sur l'autoroute entre Bâle et l'Allemagne.

«Auparavant, les contrôles de véhicules étaient plutôt souples et le voisinage était très bon», s’étonne Walter Pavel, porte-parole de la Direction des douanes.

Et de regretter que «les premiers pénalisés sont avant tout les frontaliers allemands», nombreux à venir travailler chaque jour à Bâle.

Conformes à Schengen

«Les contrôles douaniers auxquels nous procédons actuellement à la frontière suisse sont conformes aux accords de Schengen», a indiqué à swissinfo Thorsten Kruiyer, vice-directeur des gardes-frontières allemands à Weil-am-Rhein.

Et d’ajouter: «Il n’y a pas de raisons particulières quant au moment choisi et les gardes-frontières allemands vont tenter d’accélérer ces contrôles pour faciliter le trafic».

Les autorités allemandes n’en disent pas plus pour l’instant, mais le ministère suisse des Affaires étrangères suit l’affaire.

Effectivement, l’Union européenne a fixé des lieux de passage précis à l’entrée de son territoire pour contrôler l’identité de tout citoyen qui n’est pas ressortissant européen.

Sans avertissement

Informé de ces mesures par leurs collègues allemands, le Corps des gardes-frontières de Bâle se dit «irrité» par leur ampleur et leurs conséquences. Le porte-parole estime que la seule explication est que les ordres sont venus de très haut.

Et les réactions n'ont pas tardé du côté de la Berne fédérale. Le Département fédéral des affaires étrangères est intervenu mardi auprès de Berlin, mais s'est refusé à tout commentaire.

Le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz a pour sa part jugé «absolument inadmissisble que l'Allemagne ait pris de telles mesures sans en informer aupraravant».

Il va d'ailleurs aborder la question ces prochains jours avec son homologue allemand Hans Eichel.

Les autres voisins ne bougent pas

Et les Français, vont-ils appliquer les mêmes règles? A Genève, le responsable du 3e arrondissement des gardes-frontières suisses (Suisse romande) répond par la négative.

«La situation à la frontière franco-suisse est très différente. Le Rhin suit la frontière nord de la Suisse, les lieux de passages sont donc très limités, et plus faciles à contrôler», explique le commandant Jacques Strahm.

Lequel précise à swissinfo: «Uniquement sur les 100 km de frontières genevoises, on a une centaine de chemins carrossables ainsi qu’une trentaine d’autres chemins autorisés. Cela, ajouté au problème d’effectifs et au nombre de passages quotidiens, rend impossible le contrôle de toutes les voitures.»

Idem pour l’Autriche et l’Italie. «On n'a pas constaté d’augmentation des contrôles de la part des douaniers italiens. C'est une question interne allemande», indique Clemente Milani, responsable de l'information du Corps des gardes-frontières 4 (Tessin).

Pressions sur la Suisse?

Patrick Gantenbein, porte-parole des gardes-frontières suisses à Bâle, affirme que «officiellement, cela a à faire avec le traité de Schengen et la libre circulation des personnes. Mais nous sommes surpris du moment et de la manière».

Bref, ce serait «une question politique». Et donc un problème entre l’Allemagne et la Suisse?

Ou entre Bruxelles et Berne? C’est l’opinion personnelle du commandant Jacques Strahm: «Je ne suis pas sur la frontière allemande mais, vu d’ici, à Genève, je pense que c’est quand même un moyen de faire pression sur la Suisse, peut-être, au sujet des accords bilatéraux, pour montrer ce qui peut être fait si on veut appliquer les règles strictes.»

A Bruxelles justement, les ministres des Finances des Quinze réunis mardi ont demandé à la Suisse de cesser de traîner les pieds et de signer l’accord sur la fiscalité d’ici à la fin juin.

L’Allemand Hans Eichel s’est réfusé à évoquer de quelconques sanctions mais à clairement signifié que pour la Suisse, le temps est compté.

«Je présume qu’aucun pays en Europe ne souhaite vivre, en partie au moins, grâce à l’évasion fiscale des autres pays, a estimé le ministre. Je présume que c’est aussi le cas de la Suisse».

Il faut rappeler aussi que la France et l'Allemagne se sont prononcées il y a deux ans pour une application stricte de Schengen à la Suisse.

Mais les mesures concrètes qui doivent encore être décidées n'iront pas jusqu'au blocage des frontières, a assuré Pietro Petrucci, porte-parole du commissaire européen de la Justice et des Affaires intérieures.

swissinfo et les agences

Faits

Depuis vendredi dernier, les gardes-frontières allemands contrôlent l’identité de tous les automobilistes traversant la frontière à Bâle.
Les bouchons ainsi provoqués ont atteint jusqu'à 13 kilomètres en fin de semaine, provoquant des perturbations des transports publics de Bâle-Ville. L’attente à la frontière de Kreuzlingen (TG) a atteint 30 à 60 minutes.
Lundi, les bouchons sur l'autoroute entre Bâle et l'Allemagne ont atteint au moins 7 kilomètres, affectant surtout les frontaliers allemands rentrant chez eux
Dans les cantons de Thurgovie et de Schaffhouse, la situation s'est normalisée.

Fin de l'infobox

En bref

- Le traité de Schengen sur la suppresion des contrôles aux frontières et la libre circulation des personnes a été signé en 1985 entre la France, la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.

- Le traité de Schengen fait partie des neuf dossiers des négociations bilatérales II ouvertes en juin 2001 entre la Suisse et l’Union européenne.

- Contrairement à l’Union européenne, qui souhaite traiter dossier par dossier, la Suisse veut conclure en bloc les neuf dossiers.

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