L'Allemagne lève son embargo sur les bovins suisses

La Suisse exportait 13 000 vaches vivantes en Allemagne. Keystone Archive

C'est le premier pays à prendre cette décision. En 1996, l'Allemagne avait été le premier à décréter l'embargo. 40 pays avaient alors suivi le mouvement.

Ce contenu a été publié le 09 novembre 2001 - 21:18

La décision allemande est «très importante». Il est imaginable qu'elle sera à nouveau suivie. L'Italie est notamment sous pression, a déclaré Jürg Schletti, directeur de Proviande.

A court terme, cette levée d'embargo aura plus d'influence sur le climat général que sur les exportations. Il s'agira en effet d'abord de remettre en place les structures commerciales hors service depuis cinq ans, a précisé M. Schletti.

La Suisse destinait à l'Allemagne environ un quart de ses exportations de vaches vivantes qui se montaient à plus de 13 000 têtes.

Légère hausse des prix

Les consommateurs suisses devraient également être influencés par la décision allemande qui aura pour premier effet de renforcer la confiance dans la qualité de la viande bovine suisse, a ajouté Jürg Schletti.

Les prix des taureaux et des génisses payés aux producteurs ont augmenté de 10 à 20 centimes par kilo de poids mort. C'est le résultat conjugué d'une légère baisse de l'offre et des actions de promotion convenues entre l'Union suisse des paysans (USP) et les distributeurs Coop et Migros, a commenté M. Schletti.

Barrages levés

Cela n'est pas encore suffisant pour les producteurs d'Uniterre qui bloquent des centres de distribution depuis le début de la semaine en Suisse romande. Jusqu'ici, Migros et Coop ont catégoriquement refusé d'entamer des discussions sous la contrainte.

Après le conseiller d'Etat vaudois Jean-Claude Mermoud jeudi, son collègue neuchâtelois Bernard Soguel a proposé sa médiation vendredi. Il a rencontré dans la matinée à Marin les responsables de Migros Neuchâtel-Fribourg. Les revendications des paysans n'ont, selon ces derniers, toujours pas rencontré d'échos favorables auprès des distributeurs.

Vendredi soir, Uniterre a décidé de modifier sa stratégie. Les barrages des centres de distribution à Fribourg, Givisiez (FR) et Marin (NE) ont été levés.

Nouvelles manifs en vue

Le syndicat des producteurs continuera dès la semaine prochaine sa campagne de revendications. Il a sollicité une réunion mardi avec les directions des deux distributeurs pour discuter des prix et des mesures de régulation.

Si la rencontre n'a pas lieu, les revendications reprendront, a prévenu le syndicat agricole Uniterre.

«Nous n'avons pas encore décidé sous quelle forme les revendications pourraient reprendre la semaine prochaine», a précisé Valérie Thiébaut, secrétaire d'Uniterre.

«Les prix obtenus par les paysans pour la vente de viandes bovines ont chuté de manière catastrophique depuis une année, alors que les marges bénéficiaires des transformateurs et des distributeurs de produits carnés ont atteint des niveaux records... Uniterre exige la fin de ce scandale et le retour à des prix plus équitables», souligne le communiqué du syndicat agricole.

Soutien de la FRC

Ils ont reçu vendredi le soutien des consommateurs. Ces derniers reprochent aux distributeurs d'augmenter leurs marges sur le dos des producteurs et des consommateurs.

La politique des prix imposée aux uns et aux autres ne fonctionne pas, écrit la Fédération romande des consommateurs. Pour la FRC, les prix payés par les consommateurs doivent être en adéquation avec ceux payés aux éleveurs.

swissinfo avec les agences

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