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L'ampleur du triple non ne surprend personne

Quelques déçus, mais pas de surpris! L'ampleur du triple non aux trois objets soumis au vote populaire n’a étonné personne.

A gauche comme à droite, les réactions s’inscrivent déjà dans une perspective d’avenir.

Le rejet de la 11e révision de l'AVS ne surprend ni les partisans, ni le comité référendaire. Le député socialiste (conseiller national) Christian Levrat (FR), membre du comité référendaire, considère le vote de dimanche comme un plébiscite pour l'AVS.

«La population veut qu'on consolide l'AVS pour répondre aux exigences du temps et corriger l'incroyable inégalité face à la retraite et à la mort».

«Ayant essuyé six non en six mois, la droite est en miettes», analyse Christian Levrat. L'ampleur du score montre au gouvernement (Conseil fédéral) qu'il est impossible de réformer les assurances sociales sans négocier avec les partis de gauche et les syndicats.

Pour la 12e révision, Christian Levrat attend que des moyens importants soient débloqués pour des modèles de retraites flexibles destinés aux petits salaires.

L'or de la Banque nationale

Le président de la droite dure (Union démocratique du centre/UDC), Ueli Maurer voit dans le non à la 11e révision le signe du mécontentement du peuple. Il importe à présent d'éclaircir les coûts et les besoins de la prévoyance vieillesse.

Le statu quo n'est pas finançable à long terme, a encore ajouté Ueli Maurer. Il est trop tôt pour de nouvelles recettes. «Mais la revendication de l'UDC d'utiliser l'or de la Banque nationale pour l'AVS redevient d'actualité. »

Les générations futures

Madeleine Amgwerd, sénatrice (conseillère aux Etats) jurassienne du Parti démocrate-chrétien (PDC) regrette que le peuple ait refusé la planification à long terme que représentait la 11e révision de l'AVS. On ne s'est pas préoccupé du sort des générations futures, relève la politicienne dont le parti avait emmené le soutien à la révision.

Elle attribue cet échec au cumul de plusieurs aspects controversés comme l'élimination de la flexibilité des retraites et le nouveau statut de veuves sans enfants. Dans la perspective de la 12e révision, le maintien de l'âge de la retraite à 65 ans et des prestations est essentiel, estime Mme Amgwerd.

Elle attend de la gauche des solutions s'agissant du financement. On ne pourra éviter, dit-elle, de discuter du taux de cotisation et de la répartition des bénéfices de l'or de la BNS.

TVA : déception des Verts et des socialistes

Le Parti socialiste suisse (PSS) et les Verts sont déçus mais pas surpris du refus de la hausse de la TVA pour l'AVS et l'AI. Ils exigent maintenant le plus rapidement possible une proposition pour le financement de l'AI, à l'instar du PDC.

«Les gens savent qu'une hausse de la TVA pour l'AVS n'est pas nécessaire, car celle-ci est dans les chiffres noirs», a dit la députée socialiste (conseillère nationale) Christine Goll (ZH). Le problème se pose en revanche pour l'AI: avec ce «non», la pression augmente pour une réduction des prestations, d'après elle.

Christine Goll exige que le conseiller fédéral Pascal Couchepin présente rapidement un projet de désendettement de l'AI. Celui-ci doit aussi comprendre une hausse des cotisations salariales.

Les Verts regrettent aussi le résultat de dimanche, car la hausse de la TVA aurait été importante pour l'assainissement de l'AI, a dit Ruth Genner, la présidente des Verts. Mais c'était un mauvais projet, car il était couplé avec l'AVS, selon la conseillère nationale zurichoise.

Pour l'AVS, les Verts ne veulent pas miser sur la TVA, mais revenir avec leur revendication initiale de réforme fiscale écologique liée à un âge de la retraite flexible, a indiqué Ruth Genner. «Il faudra maintenant évaluer de manière approfondie comment cela pourra être mis sur les rails».

TVA : Satisfactions à droite

En revanche, le parti radical et l'UDC sont satisfaits du rejet de la hausse de la TVA pour l'AVS et l'AI, qui montre que les citoyens ne veulent pas d'un impôt supplémentaire.

«Ce rejet montre que dans les prochaines réformes, il ne faudra pas augmenter les recettes, mais plutôt faire des économies supplémentaires», a dit le président du PRD Rolf Schweiger.

Pour l'organisation patronale economiesuisse et l'Union suisse des arts et métiers (USAM), le vote est un signe clair des citoyens au Conseil fédéral et au Parlement que les assurances sociales ne doivent plus être financées par des recettes supplémentaires. Il faut adapter les prestations dans les deux assurances, estiment les milieux patronaux.

Déception aussi des organisations de handicapés, qui craignent un démantèlement de l'AI en raison de sa situation financière. «Les milieux qui ont prôné le rejet de la hausse de la TVA seront les bienvenus pour proposer de nouvelles solutions pour l'AI», a dit Roger Cosandey, vice-président d'AGILE (Entraide suisse handicap).

Revenir sur la fiscalité des familles

Avec le non au paquet fiscal, les cantons et la gauche pavoisent. Pour la gauche, ce non implique une baisse de la cible des économies prévues. A droite en revanche, on parle de blocage des réformes, mais tous s'accordent pour revenir rapidement sur la fiscalité des familles.

Le non au paquet fiscal est un véritable soulagement pour les cantons, a déclaré Luigi Pedrazzini, le président de la Conférence des gouvernements cantonaux (CdC). Pour la première fois dans l'histoire suisse, onze cantons ont lancé un référendum contre un projet de la Confédération et ont gagné.

Cette victoire n'est pas idéologique, les cantons ne sont pas un parti politique, a souligné Luigi Pedrazzini. Elle va aussi renforcer la position des cantons face à la Confédération, a-t-il poursuivi.

Les citoyens ne se sont pas fait leurrer par de fausses promesses, a déclaré Ruth Genner, présidente des Verts. Comme le PS, les Verts veulent voir les objectifs d'économie visés par Hans- Rudolph Merz diminuer. L'USS défend la même ligne que ses partenaires de gauche.

Dossier à reprendre rapidement

A droite, la déconvenue est grande. Le comité «Oui au paquet fiscal», qui rassemble tous les partis de droite, parle de «chance qu'on a laissé passer de stopper l'augmentation incessante des impôts».

L'opposition des cantons a entraîné l'échec du paquet fiscal, pour Rolf Schweiger, président du PRD. Economiesuisse de son côté invite maintenant les cantons à faire des propositions pour que la Suisse reste une place financièrement attractive.

Mais l'ouvrage devra être rapidement remis sur le métier. La base du parti radical a clairement soutenu ce paquet, a poursuivi le président du PRD, l'un des seuls. «Cela donne aux radicaux une mission claire pour les prochains mois», a-t-il souligné.

Pour lui, les propositions faites pour le droit de timbre restent valables. Le PRD vise plutôt à soulager les familles par une imposition individuelle. Quant à l'imposition immobilière, les cantons doivent pouvoir bénéficier d'une plus grande marge de manœuvre.

«Ce serait une erreur d'interpréter le non au paquet fiscal comme une victoire de la gauche», a déclaré le président de l'UDC, Ueli Maurer.

Avec les résultats issus des urnes dimanche, la Suisse est confrontée à un blocage des réformes, a indiqué le PDC. Mais malgré le non au paquet fiscal, la réforme de la fiscalité des familles reste prioritaire.

swissinfo avec les agences


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