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L'appel provocateur de Carla Del Ponte à Silvio Berlusconi

Carla Del Ponte attend de Silvio Berlusconi qu'il prouve sa volonté de lutter contre la grande criminalité.

(Keystone)

L'ex-procureure de la Confédération invite le futur chef du gouvernement transalpin à faire appliquer la convention judiciaire signée entre la Suisse et l'Italie. Mais, cet appel risque de rester lettre morte en raison de l'obstruction traditionnelle de «Forza Italia»... le parti de Silvio Berlusconi.

Carla Del Ponte lance ainsi un nouveau pavé dans la mare. Cette fois, elle l'a fait depuis Palerme où elle a assisté, comme elle le fait chaque année, aux cérémonies à la mémoire du juge anti-mafia Giovanni Falcone. Celles-ci se déroulent à la date anniversaire de l'attentat à l'explosif dans lequel il a été tué, le 23 mai 1992.

«Silvio Berlusconi a déclaré récemment qu'il souhaitait lutter contre la grande criminalité, qu'il en donne la preuve», souligne Carla Del Ponte dans une interview au Corriere della Sera.

Et la procureure du Tribunal pénal international (TPI) de préciser: «qu'il fasse ratifier sur le champ l'accord d'entraide judiciaire passé entre nos deux pays. Trois ans se sont déjà écoulés depuis sa signature et le Parlement italien ne l'a toujours pas approuvé!»

Pour Carla Del Ponte, il suffirait de peu pour débloquer ainsi toute une série d'enquêtes, concernant surtout des affaires de corruption.

Pour conclure leurs investigations dans ce domaine, nombre de magistrats italiens n'attendent en effet plus que les réponses à leurs commissions rogatoires, envoyées pour certaines depuis des années.

En effet, près de 630 procès actuellement en cours dans la Péninsule - portant sur des affaires financières et de corruption - ont des liens avec la Suisse. Alors que d'autres procès, toujours en attente d'une réponse, ont déjà été conclus ou prescrits.

Le problème, c'est que la ratification de cet accord d'assistance pénale entre la Suisse et l'Italie n'a jamais pu être voté, sous la précédente législature. Justement à cause de l'obstruction de «Forza Italia»... le parti de Silvio Berlusconi.

Et pour cause, les principales commissions rogatoires adressées à la Suisse par l'Italie regardent directement le futur Président du Conseil, toujours impliqué dans plusieurs procédures judiciaires, en particulier sur son empire, la Fininvest. Avec à la clé des falsifications de bilan et un cas de corruption de magistrats.

Il y a peu de chance, dans ces conditions, que l'appel de Carla Del Ponte soit entendu.

Dominique Muret, Milan

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