Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

L'avenir des régions alpines en question

La plaine de la Greina dans le canton des grisons.

(Keystone)

Les régions alpines suisses pourraient encore mieux mettre en valeur leur paysage. Selon un rapport, le futur de beaucoup de ces régions reste pourtant lié aux contributions étatiques.

Pour les chercheurs, la question d'un exode partiel ou complet de la population doit être ouvertement discutée.

Sans la solidarité du reste de la Suisse, la survie économique des régions alpines reculées n'est pas garantie, relève un rapport du Programme national de recherche «Paysage et habitats de l'arc alpin» (PNR48).

Le Fonds national suisse a présenté jeudi les résultats d'une douzaine de projets de recherche qui, en résumé, tentaient de répondre à la question: «comment utiliser la valeur des paysages alpins?»

Ils voulaient savoir quels revenus ces paysages peuvent générer et quelles sont les perspectives d'avenir pour les régions alpines.

Des perspectives «très sombres»

Pour les régions éloignées des agglomérations et sans offre touristique concurrentielle, ces perspectives sont 'très sombres', écrivent les chercheurs, qui ajoutent: «il existe peu d'espoir pour la périphérie de la périphérie».

Certes, ces régions ont certains potentiels qu'elles peuvent encore développer, mais «ils ne garantiront pas la survie économique dans de nombreux cas». Le Fonds national estime aussi que dans la Nouvelle politique régionale (NPR), la Confédération occulte ce constat et «évite une discussion franche sur le sujet».

Il ne faut pas se leurrer, disent en substance les chercheurs: ces régions resteront fortement dépendantes du soutien financier du reste du pays. Et sans cette aide, elles se dépeupleraient.

Mieux utiliser la valeur des paysages

La synthèse thématique du PNR 48 «Utiliser la valeur des paysages alpins» fournit aussi une vue d'ensemble approfondie des chances de réussite de différentes stratégies de développement dans l'arc alpin, ainsi que des recommandations à l'attention des décideurs.

Elle montre que des opportunités s'ouvrent pour les régions alpines et leurs paysages, et qu'elles n'ont pas été complètement saisies.

Elles résident d'un côté dans l'amélioration de stratégies économiques, comme le tourisme, l'utilisation d'énergies renouvelables (bois, eau, vent), ou dans une commercialisation intensive de produits issus de l'économie de montagne.

A cet égard, l'association entre ressources naturelles et certains produits ou certaines prestations de service semble prometteuse. Mais il est vrai que la concurrence est grande et les niches toujours plus difficiles à trouver.

D'un autre côté, le paysage est susceptible d'être utilisé de manière optimale comme un bien public si l'on associe davantage les rémunérations faites à la population alpine avec certains objectifs écologiques et des prestations visant à la protection et l'entretien du paysage.

Ici, tout l'art réside dans le choix des incitations, pour ne générer ni développement inadéquat ni surplus de produits agricoles.

«Retrait orienté» de la population?

En dépit des possibilités, les auteurs du rapport affirment qu'il est nécessaire de se poser sérieusement la question de savoir si on veut maintenir la population à tout prix dans les régions reculées ou plutôt prendre en compte un 'retrait orienté' de certains espaces pour des raisons économiques, voire même écologiques.

Dans tous les cas, le débat doit être mené 'sans tabou' avec tous les acteurs. «L'importance de la solidarité est en fin de compte un jugement de valeur et une décision politique», concluent les chercheurs.

swissinfo et les agences

NFP48

Le Programme national de recherche «Paysage et habitats de l'arc alpin» (PNR48) a reçu la mission d'acquérir des connaissances relatives aux objectifs et stratégies en vue d'un développement du paysage correspondant à la demande sociale, économiquement viable et politiquement réalisable.

Les résultats attendus portent sur l'évolution du paysage, les exigences et normes pour un développement durable du paysage et des possibilités d'action dans le domaine politique.

Fin de l'infobox

Nouvelle politique régionale

En 2005 le gouvernement suisse a transmis au parlement son message sur la nouvelle politique régionale (NPR).

La NPR se concentrera sur la promotion des conditions économiques offertes par les régions de montagne, l'espace rural en général et les régions frontalières.

Le Conseil fédéral propose d'instituer un Fonds de développement régional pour financer la NPR.

Jeudi, la loi fédérale sur le NPR a été approuvée par la Chambre du peuple (Conseil national) mais des divergences existent encore avec le Sénat (Conseil des Etats).

Fin de l'infobox


Liens

×