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L'euro moins cher pour les Tessinois

Les Tessinois pourraient reprendre en masse la route de Ponte Tresa.

(Keystone Archive)

Retenus par la force de l'euro face au franc et l'inflation qui sévit en Italie, les Tessinois boudent les magasins italiens de la zone-frontière.

A Ponte Tresa, les commerçants attirent le chaland avec une proposition singulière: «Revenez, un franc vous sera compté un euro!»

La proposition alléchante a fait sensation au Tessin. Lancée mardi lors d'une réunion d'urgence de commerçants du village-frontière de Ponte Tresa, côté italien, elle provient d'Osvaldo Guarneri, un marchand de meubles désespéré d’avoir perdu ses clients suisses.

«Des dizaines de mes collègues sont d'accord pour appliquer le change d'un euro pour un franc à partir du mois de mars» explique-t-il.

Le commerçant rappelle que les affaires vont mal «depuis que les Suisses nous boudent. Il faut parer au plus pressé, quitte à y perdre au début. Mais le volume des ventes qui, forcément, augmentera à ce taux-là, et le retour des clients tessinois feront la différence.»

Adieu, la poule aux oeufs d'or

Osvaldo Guarneri parle en connaissance de cause. Comme les autres propriétaires des quelque 200 magasins du village (échoppes, boutiques de luxe et grandes surfaces), il a réalisé de juteuses affaires pendant des décennies.

Aussi longtemps que la lire était écrasée par la force du franc, chaque fin de semaine, les acheteurs tessinois envahissaient Ponte Tresa, petite ville de 6000 habitants. Même le dimanche, quand les magasins ferment à 12 heures.

Le village-frontière était devenu une sorte de vaste bazar, pris d'assaut par des centaines de voitures formant d'interminables colonnes pour repasser en Suisse, les coffres pleins.

C'était le bon temps de la poule aux oeufs d'or. Une époque qui a fait de Ponte Tresa l'un des villages les plus riches d'Italie. Une époque révolue depuis plusieurs mois.

Au fur et à mesure que l'euro s'est consolidé face au franc et que l'inflation en Italie a été plus importante qu'en Suisse, les Tessinois ont changé leurs habitudes. Et recommencé à acheter en Suisse.

De même, les Italiens se tournent de plus en plus vers les commerces tessinois de Chiasso, Mendrisio ou Lugano. A leur tour, chaque samedi, d'affluer en masse en provenance de Côme, Varèse ou même de Milan.

Les Italiens achètent en Suisse

Ils font leurs achats à meilleur compte et en profitent pour faire le plein. L'euro a fait grimper le prix de l'essence jusque dans les zones limitrophes qui, grâce à un décret-loi, appliquent des taux inférieurs que ceux du reste de l'Italie.

Le litre de carburant est bien moins cher au Tessin. Comme les vêtements, les chaussures, les fruits et légumes, les produits laitiers, les jouets, etc.

L'initiative «un euro pour un franc» va faire l’objet ces prochains jours d’une campagne d’affichage sur les devantures des magasins qui appliqueront le nouveau change et un peu partout au Tessin. Le propriétaire d'une agence de voyages va jusqu'à mettre un bus gratuit à la disposition des clients suisses.

«Une idée suicidaire»

L'association des commerçants de Luino, dont dépend Ponte Tresa, n'a pas encore officiellement pris position.

A en croire Stefano Meloro, son porte-parole, «l'idée relève presque du suicide financier, quand on pense qu'un franc vaut 64 centimes d'euro. Nous en parlerons mardi prochain lors d'une réunion de nos membres».

M. Meloro estime que les magasins de Ponte Tresa veulent relever un défi: «à leurs risques et périls, puisque le nouveau taux de change peut signifier une perte de 40% environ des recettes».

De son côté, Maria Grazia Mina, maire de la localité, souligne à swissinfo: «la municipalité n'a pas été informée, nous l'avons su officieusement. Si l'idée sert à relancer le commerce, tant mieux, à condition toutefois que les normes légales et fiscales soient respectées.»

Les consommateurs tessinois n'y croient pas encore vraiment: «il y a des mois que je ne vais plus à Ponte Tresa faire mes achats mais si, en mars, un franc vaudra vraiment un euro, j'y retournerai sans hésiter», conclut une ménagère luganaise.

swissinfo, Gemma d'Urso à Lugano-Ponte Tresa

Faits

La lire à bon marché a toujours attiré les Tessinois dans les commerces de la zone-frontière italienne.
Avec l'euro, non seulement les Tessinois ne vont plus acheter en Italie, mais les Italiens viennent acheter en Suisse.

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