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L'euro pratique ne fait plus peur à la Suisse

Dès l'année prochaine, l'euro se matérialisera en billets et en pièces.

(Keystone Archive)

L'introduction de l'euro en pièces et billets approche à grands pas. Le défi du 1er janvier 2002 concerne aussi la Suisse, dont l'Euroland est le premier partenaire commercial. Cela n'inquiète pas outre mesure, les principaux concernés, notamment dans un canton sensible comme celui de Genève. Préparation ou inconscience ?

«Chaque Genevois a deux porte-monnaie», observe Corinne Mory, porte-parole de la Banque cantonale de Genève. Autant dire que le basculement de la monnaie unique dans le concret des pièces et des billets sera un événement tout spécialement dans ce canton, comme dans d'autres régions frontalières.

Pour autant, les préparatifs de la BCGe semblent encore embryonnaires. Un comité de travail est en cours de constitution, afin d'«établir un plan de communication et une formation à l'interne». Il est vrai que la BCGe, en pleines turbulences, a «d'autres priorités».

Dans les zones frontalières, que ce soit à Genève, à Bâle, à Lugano ou sur les pistes valaisannes des Portes-du-Soleil, les commerçants acceptent déjà couramment la monnaie du pays voisin, et réciproquement. L'arrivée de l'euro va-t-elle généraliser ce procédé ? L'Association suisse des banquiers (ASB) ne le pense pas. James Mason, porte-parole, rappelle que «le franc suisse reste le seul moyen officiel de paiement».

Pour l'ASB, il revient aux banques d'informer leurs clients. L'association leur donnera un coup de main en proposant, dès le mois de juin, un site web consacré aux modalités pratiques de l'introduction de l'euro. James Mason note qu'«il n'y a pas une ambiance de stress à ce sujet dans les banques».

Selon le porte-parole, «rien ne sert d'informer les clients trop vite, car dans ce cas ils risquent d'avoir tout oublié quand vient l'échéance». Mais il faut que les banques prennent leurs dispositions. C'est le cas de l'UBS, à en croire son porte-parole romand Cédric Dietschy: «L'euro peut arriver demain, nous sommes prêts».

Pour les banques, le passage à l'euro virtuel, le 1er janvier 1999, était plus complexe à organiser, puisqu'il représentait un bouleversement financier. L'euro fiduciaire, ce n'est «que» une monnaie nouvelle qui en remplace douze anciennes. Pas de quoi déstabiliser les banquiers suisses qui, souligne James Mason, «ont l'habitude des monnaies exotiques».

Thierry Zweifel, Bruxelles


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