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L'Europe du savoir se construit avec la Suisse

Christoph Schäublin, Charles Kleiber et Fredy Sidler(de gauche à droite): les responsables académiques du pays sont prêts à rendre les Hautes Ecoles suisses 100% eurocompatibles.

(Keystone)

Les 32 pays signataires de la Déclaration de Bologne avancent rapidement vers un renforcement du système universitaire européen. La Suisse participe pleinement au processus, qui va se traduire par une petite révolution dans le monde des hautes écoles. Les responsables académiques en ont dessiné les contours mardi à Berne.

Il y a deux ans, les ministres en charge des universités de pratiquement tout le Vieux Continent se réunissaient à Bologne pour jeter les bases d'un espace européen d'enseignement supérieur.

Un des buts avoués était de contrer la concurrence des universités américaines, vers lesquelles filent trop souvent les jeunes chercheurs les plus doués. Pour ce faire, il est nécessaire de rendre les hautes écoles européennes plus attractives et de faciliter la mobilité des étudiants d'un pays à l'autre.

Le week-end dernier, les responsables académiques des 32 pays signataires de la Déclaration de Bologne se sont retrouvés à Prague pour réaffirmer les cinq principes directeurs de cette vaste réforme.

Et, mardi, le secrétaire d'Etat à la Science et à la Recherche Charles Kleiber, le président de la Conférence des recteurs des universités suisses Christoph Schäublin et son homologue de la Conférence des hautes écoles spécialisées (HES) Fredy Sidler expliquaient à la presse ce que va signifier concrètement cette véritable «révolution en douceur».

Un des défis principaux est d'introduire partout les études supérieures en deux cycles, sur le modèle américain. Trois ans seront alors nécessaires pour obtenir le titre de «Bachelor», qui sanctionne une formation scientifique de base, et deux ans de plus feront de l'étudiant un «Master», encouragé à faire ses premiers pas dans le monde de la recherche.

En Suisse, cette réforme ne nécessite pas de refonte de la maturité fédérale, mais Charles Kleiber et ses collègues ont averti qu'elle aura tout de même des répercussions sur le niveau secondaire, voire sur le primaire. Et ce d'autant que nombre de pays européens souhaiteraient voir abaisser l'âge d'obtention de la «matu», qui est ici l'un des plus élevés du Continent.

Ainsi, les HES formeraient essentiellement des Bachelors - bien qu'il soit aussi possible d'y décrocher un titre de Master - et les universités se chargeraient bien sûr des deux formations, en gardant par ailleurs le droit exclusif de décerner le titre le plus élevé, soit le Doctorat.

La mise en place de ces nouvelles structures devrait aller très vite. Saint-Gall s'y est déjà mis, Bâle, Lucerne, la Suisse italienne et l'EPFZ devraient suivre à la rentrée. Charles Kleiber espère que le système sera opérationnel dans l'ensemble des hautes écoles d'ici 2002. «Cette réforme viendra du bas et ne sera pas imposée par une loi, précise le secrétaire d'Etat. Il est important que chaque université garde son autonomie, son génie propre.»

Pour assurer la compatibilité des hautes écoles au niveau du Continent tout entier, la Déclaration de Bologne prévoit un système de «crédits». Rien à voir avec une quelconque monnaie, il s'agit simplement de reconnaître le travail accompli et les examens réussis à chaque étape du cursus de l'étudiant.

Il sera ainsi possible à chacun de poursuivre sa formation dans n'importe lequel des 32 pays signataires, voire de changer plusieurs fois en cours d'études. La gamme des possibilités offertes à celui ou celle qui veut se spécialiser dans tel ou tel domaine devient ainsi quasiment illimitée.

L'ensemble de la réforme devrait être achevé à l'horizon 2010. Et cet espace européen d'enseignement supérieur dépasse de loin les frontières de l'Union, puisque pratiquement tous les pays de l'Est - et la Suisse - y sont associés depuis les premières discussions.

Marc-André Miserez


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